Vue hier mme D., 65 ans, patiente habituelle, pour douleurs dorsales.
En fait, cette femme est constamment débordée par les soins et l'attention qu'elle est obligée de prodiguer à son mari, bronchiteux chronique à un stade très avancé, en
ventilation permanente.
J'ai été amené à voir le patient il y a peu pour exacerbation de la toux, fièvre, aggravation de l'état respiratoire. Devant l'inefficacité du traitement, constatée deux jours plus tard, il a eté
hospitalisé.
Mme D. est donc d'un côté soulagée par l'absence momentanée de son conjoint, et en même temps inquiète bien sûr quand à l'évolution de cette crise.
Et bien évidemment elle somatise tout cela. Et chez elle, c'est toujours le dos qui prend tout de plein fouet.
Et le traitement est aussi toujours le même : l'écouter, un peu de paracétamol, de la kiné.
Ce qui m'inquiète à son sujet, c'est que d'après son discours, en façade, elle ne semble pas se rendre compte de l'aggravation inexorable de l'état de santé de son époux.
A moins qu'elle n'en soit tout à fait consciente, et qu'elle ne le refuse totalement, bien sûr. Ce que je crois en réalité.
Je n'arrive pas à cerner vraiment ce qu'elle en sait, ce qu'elle en a compris, ce qu'elle en pense. Et elle dévie toujours les questions vers l'état de son mari, les résultats des examens, avec
un "moi ça va" qui est une fin de non-recevoir.
Reçu hier un courrier au sujet de m. F., 28 ans, diabétique type 1 (celui avec injections d'insuline), patient vu une fois en tout et pout tout. C'est en fait un cousin d'un
patient habituel.
J'avais été amené à le voir parce que le cousin qui l'héberge en a eu marre d'appeler les pompiers pour malaise hypo ou hyperglycémique.
Il faut donc noter que le patient est passé plusieurs fois par les urgences en deux ou trois mois.
Il m'a par ailleurs dit au cours de l'unique consultation où j'ai été amené à le voir, qu'il est traité par laser pour un problème aux yeux dû au diabète; dans le même hôpital que les urgences
....
Devant ces allers-retours, et les quelques chiffres qu'il m'a montré de ses glycémies, je lui ai dit d'aller consulter en endocrinologie rapidement afin de faire un bilan de la
situation, notamment au niveau nutritionnel, car d'après ses réponses à mes questions, il avait tout faux ou presque. J'ai alors tenté de recadrer un peu les choses.
Il a été vu moins d'une semaine plus tard, et le confrère va l'hospitaliser quelques jours en endocrinologie pour faire le tour de la question.
Confrère qui s'étonne (enfin ... qui est furieux) que ni les urgences, ni le service ophtalmo du même hôpital que son propre service n'aient eu l'idée de le leur adresser pour voir
le pourquoi du comment.
Vu comment ça fonctionne d'un service à l'autre dans le même hôpital, la transmission de l'ensemble des données par DMP n'est pas à l'ordre du jour de sitôt me semble-t-il.
Une proposition que l'on a pu lire :
Si l'on dresse un état des lieux, que pouvons nous voir ?
- une PDS en ville qui fonctionne cahin-caha, dans des conditions juridiques douteuses pour les confrères (absence de repos de sécurité, temps de travail quotidien et
hebdomadaire), et pour un coût jugé prohibitif par la puissance publique en rapport au service rendu (environ 320 millions annuels)
- une absence totale d'interface ville-hôpital
- des urgences débordées par 14 millions de passages annuels, solution inadaptée pour 80% d'entre eux, pour un coût unitaire moyen de 220 euros (rapport de la Cour des Comptes), soit un
total de 2,464 milliards dépensés de façon inadéquate, par l'absence voulue et délibérée de régulation hospitalière
- des besoins horaires qui sont de 2 644 h par secteur et par an (soirées 20/24; samedi après midi, dimanches et jours fériés), et il y a 3 000 secteurs en France.
Supposons maintenant que la PDS soit rémunérée forfaitairement 100 euros de l'heure. Le coût annuel serait de 265 000 euros par secteur, soit 795 millions pour l'ensemble de la France.
Supposons deux professionnels par secteur pour couvrir les 2 644 h annuelles : cela ferait 132 500 euros annuels d'honoraires par médecin, pour 1 322 h de travail (le MG moyen est à 2 630 h
annuelles).
Les besoins sont de 6 000 médecins dédiés.
Une professionnalisation pour une PDS efficiente, à 795 millions, contre un pataquès à 2,784 milliards (2,464 + 0,320).
Comme toujours, nette diminution du nombre de consultants.
Rien de bien folichon médicalement : rhino-pharyngites, bronchites, syndromes pseudo-grippaux, voilà le tiercé gagnant ces temps.
Un cas ou deux de varicelle.
J'en profite pour faire de la mise à jour en paperasse, en comptabilité de fin de mois (beûrk), du classement de résultats et courriers.
Lecture de quelques articles, ceux qu'on met de côté en se disant "il faudra que je relise ça à tête reposée".
Dresser la liste des choses à commander (produits, matériels, ...) avant la panne sèche.
Petit nettoyage de l'aquarium dans la salle d'attente.
Petite réparation sur Chilly-Billy, mon épouvantail gardien du coin vers l'ordinateur, qui perdait son pantalon.
Fin du tome 7 des aventures d'Harry.
Première liste de possibilités de cadeaux à offrir pour Noël.
Au final, mercredi, j'ai fait beaucoup plus d'à côtés, y compris non médicaux, que de soins.
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