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Lundi 3 décembre 2007

Pour une fois, je vais dire du bien de la sécu ! Si, si !!!

Vue samedi matin mme R., 43 ans, patiente habituelle, pour "maux de gorge et fièvre".

Dès l'entrée dans la partie bureau, en réponse à mon traditionnel "je vous écoute", elle me dit qu'elle a une angine.

Bon, au moins on va gagner du temps, c'était déjà midi et quart -)

C'est à dire ? Maux de gorge (Ok), mal à avaler (Ok), fièvre (Ok), toux (Ah ? négatif), voix qui déraille (Ah ? re-négatif).

On va quand même jeter un oeil hein, je suis médecin généraliste, je ne crois donc que ce que je vois, et encore, les mirages, ça existe.

Lors donc, à l'examen : pas de problème sur les amygdales, pas de ganglion perceptible, pharynx pompier, température à 37,8° cinq heures après le dernier paracétamol. Et le nez coule un peu (déduction des plus aisées quand le mouchoir sort de la poche deux fois en cinq minutes).

Plus toux, plus âge : zéro point sur cinq, ce n'est pas une angine, voilà, voilà.

Pharyngite, c'est viral, paracétamol et bon, d'accord, un sirop pour la toux.

Et c'est là qu'intervient la campagne télé de la sécu : le médecin n'a plus à expliquer comme il y a quelques années que les antibiotiques ne serviraient à rien.

Le miracle du "vu à la télé" est passé par là.

Etant donné le succès de la chose, ils devraient nous faire une déclinaison : l'observance serait la priorité des priorités à mon avis.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 3 décembre 2007

Vue samedi matin mme D., 46 ans, patiente habituelle pour mise au point avant voyage à  l'étranger.

Elle part pour Noël en zone de paludisme, classée zone 3, ce qui veut dire que la petite bête est bien résistante à pas mal de traitements préventifs possibles.

Ses vaccins sont à jour, on fait à sa demande une mini pharmacie (vraiment mini : on trouve toujours tout sur place, le problème des locaux n'est pas la disponibilité mais le financement ...).

Et je lui signale donc le problème du paludisme.

Et là, grand classique : pas remboursé, donc moue dubitative de type "vais-je le prendre ?"

Ce qui permet des réflexions, disons parallèles :

- le patient qui se fait un voyage à 3 000 euros les deux semaines, pour tiquer sur un traitement à moins de 100 euros pour la période de couverture nécessaire

- le différentiel de prix entre les pharmacies, pour la Malarone° en l'occurence, qui atteint facilement 50%

- le choix sécu de non-remboursement, qui est assez peu compréhensible, surtout en regard des remboursements de certains produits ....

Enfin, bon, nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 1 décembre 2007

Prenons hier. Pas de pathologie problématique. Rien de spectaculaire, du banal. Et au total, 23 patients.

Quatre enfants de 22 mois à 12 ans, tous pour problème ORL "de saison" : toux, fièvre, douleurs à la gorge ou aux oreilles.

Deux adolescents de 15 et 16 ans : rappel de vaccin, renouvellement de pilule.

Une dizaine d'adultes : pathologies "de saison" aussi, et presque toujours la volonté (et la demande) de se soigner au plus vite, pour être là pour la famille et le travail.

Deux demandes de paperasse, sans motif purement médical autre.

Des suivis de pathologies chroniques, avec renouvellement des ordonnances, avec un âge moyen plus élévé bien sûr : hypertension artérielle, diabète, épilepsie.

Le plus souvent, et quasiment systématiquement pour les adultes, il y a deux, voire trois problèmes à traiter par personne : revoir une question par rapport à la consultation précédente, un moral pas au top, commenter un résultat de biologie parvenu entre temps et déjà explicité au téléphone, ...

Age des patients hier : de 22 mois à 78 ans.

Et à côté dans la journée, une demie heure de rentrée de données dans les dossiers, un quart d'heure de classement, un quart d'heure pour le reste du courrier, une demie heure de comptabilité.

Plus l'ouverture de la Revue Prescrire pour jeter un coup d'oeil au menu du mois.

Douze heures dans la vie d'un médecin généraliste.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 1 décembre 2007

Vu passé des comptes-rendus de réunions entre médecins généralistes et supposés gestionnaires du pataquès.

Questions à la base : comment attirer les jeunes vers la MG ? Comment mieux répartir sur le territoire ? 

Les réponses semblent assez simples, mais en même temps hors de portée de la compréhension du décideur moyen.

Décider de la répartition MG / autres spécialités : nous sommes à 30% / 70%, exactement l'inverse des autres pays à système de sécu.

Moduler le numerus selon les régions : on sait que bien souvent le médecin s'installe dans sa région d'études. Donc diminuer le nombre sur Paris et le Sud, augmenter ailleurs.

Enseigner la spécialité en fac, et en stage (bon, je dis ça, perso je me vois mal accueillir un étudiant, mes talents de pédagogue sont je le crains voisins du zéro absolu).

Mettre des moyens à disposition pour la médecine générale : dans le système actuel, quand le généraliste perçoit 100, les autres spécialistes perçoivent en moyenne 250.

Et ce sans les dépassements d'honoraires !!!

Traduit en chiffres, avec une moyenne de 4 600 actes par an dont 13% de visites à domicile, le MG moyen perçoit environ 110 000 euros d'honoraires et forfaits.

Il faudrait ajouter environ 165 000 euros annuels, en forfait préférentiellement, pour arriver à la moyenne des autres spécialités, pour un total de 275 000 euros.

Ce qui voudrait dire des moyens investir en matériel, avoir un secrétariat, etc.

Et coupler le tout à une filière de soins.

C'est ce qui fonctionne fort bien chez nos amis nordiques (Suède, Danemark, Norvège), avec des résultats de santé identiques aux nôtres, des dépenses de santé à 9,1 % du PIB, là où nous sommes à 11,1 % (chiffres OCDE).

Soit 35 milliards d'économies potentielles.

Mais nous, nous aurons mieux, n'est ce pas ? Nous aurons les franchises.

Et jusqu'ici tout va bien.

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 1 décembre 2007

Vu hier m. M., 36 ans, patient habituel, venu surtout pour sa fille de 22 mois.

Toux, douleurs de la gorge. Du banal, du quotidien. Mais évidemment, m. M. fume. Un paquet par jour, depuis l'âge de 16 ans, ayant arrêté 3 ans avant de reprendre, il est donc dans les 20 paquets-années.

Rappel : le paquet-année, c'est un paquet par jour pendant un an, deux par jour sur 6 mois, ou un demi par jour sur 2 ans. Ce qui est fumé avant 20 ans compte double. Et on considère généralement que les risques grimpent très rapidement à partir de la zone des 20 PA.

Il souhaite tenter d'arrêter à nouveau. Il s'est bien renseigné, ne veut ni du Zyban° ni du Champix° à cause des effets secondaires. Les gommes ne lui plaisent guère dans le principe.

Auriculothérapie, acupuncture, hypnose le laissent sceptique.

Et il a fait semble-t-il une allergie de contact aux patchs lors d'une tentative il y a deux ans, très probablement à la colle.

Et bien, voilà qui limite fort nos possibilités ! D'un autre côté, l'arrêt, même s'il nécessite un peu de volonté, vient surtout de l'envie d'arrêter. Les moyens à dispositions ne sont que de petites aides, utiles uniquement sur le versant physique.

Et le sevrage sur ce versant là de la chose ne prend que quelques jours, fort désagréables à passer sans aide, certes, mais c'est faisable.

Le gros du problème est psychologique, et ça .... il n'y a que dans la théorie que le fait de parler arrêt du tabac suffit à convaincre les gens !!!

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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