Vue hier Murielle, 16 ans, accompagnée de sa mère, toutes deux patientes récentes après un déménagement ici.
Elle fait des mycoses vaginales à répétition, quasiment à chaque cycle, quelques jours avant les règles, ce depuis huit ou neuf mois. Elle en a marre de traiter au coup par coup, elle veut une solution.
La plus simple, la plus efficace, c'est la contraception, type Ludeal°. La mère le sait, elle s'est renseignée, mais elle insiste pour savoir s'il n'y a rien d'autre. Murielle elle veut juste une solution.
A la quatrième redite "c'est la meilleure solution", j'ai un ton un peu sec, et la première concernée intervient en mettant les pieds dans le plat : "c'est pas parce que je prendrai la pilule que je vais coucher ! X et Y (des copines, probablement) la prennent à cause des règles (trop abondantes, je présume ?), et leur mère les emm. pas !"
La mère marmonne, je propose de mettre à l'essai pour trois mois et de revoir tout cela calmement.
Vu hier m. G., 36 ans, pour syndrome grippal. Ce patient est suivi par ailleurs par un psy pour une dépression assez importante, laquelle aggrave considérablement ses troubles du sommeil sur apnée.
Il est en arrêt maladie depuis plus de deux mois, et nous (nous = le psy, le patient et moi) savons qu'au delà des trois mois, la caise de sécu va demander à le passer en longue maladie. Financièrement fort coûteux pour le patient.
Et il ne se voit pas reprendre le travail, car sa dépression est surtout réactionnelle à un conflit majeur au travail avec son directeur de centre. Lequel est muté, mais pas avant mai.
Il ne se voit pas tenir deux mois pour l'instant.
Il nous reste cinq semaines pour trouver une solution.
Vue hier Lucille, 14 ans, avec son papa. Elle a mal dès qu'elle marche un peu longtemp au niveau des deux hanches, et elle entend des craquements.
En fait, elle accompagnait son père, venu pour reprendre son traitement habituel pour son eczéma chronique.
Elle n'avait donc pas prévue de se déshabiller; c'est toute rouge qu'elle me dit porter un string. Je souris, je lui dit d'enlever son pantalon et de s'allonger, et je retourne côté bureau. Son père la taquine "voilà ce que c'est que de vouloir suivre la mode, après on craint le ridicule". Je reviens côté salle d'examen alors qu'elle tire la langue à son père, qui ne peut la voir de là où il est assis. Du coup, elle repique un fard !
Mobilité et amplitudes des deux membres inférieurs normales, pas de douleurs déclenchées. Elle me dit ne pas avoir eu mal depuis trois ou quatre jours.
Je demande une radio du bassin face et profil, je pense à une ostéochondrite, ostéonécrose aseptique de l'épiphyse, j'espère me tromper.
Vue hier mme B., 73 ans, récemment opéré d'un hallux valgus, avec phlébite surale dans les suites immédiates.
Elle vient parce que son genou et sa cuisse droits sont douloureux. En fait, ils sont chauds, oedématiés, rouges, tendus. Ce depuis une semaine ....
Je crains une nouvelle phlébite, du côté opposé à la première. J'arrive à avoir un rendez-vous assez rapidement pour un écho-doppler pour vérifier tout ça.
Elle me rappelle le soir : rien à l'examen. Elle reviendra vendredi.
Bon, c'est déjà ça, c'est pas le plus grave. Mais quoi, alors ?
Vus hier Sébastien, 4 ans, et sa maman. Laquelle n'en peut plus car il est intenable à la maison, et très calme en dehors.
Elle a bien essayé de donner des règles strictes, de l'obliger à s'y tenir, mais rien n'y fait.
Je lui demande depuis quand il est comme ça, alors que l'intéressé joue tranquillement assis par terre à trois mètres de nous avec des dinosaures en plastique, qui se livrent manifestement une féroce bataille.
Et bien en fait depuis septembre, depuis qu'elle a repris son travail, après la naissance de la petite soeur, qu'il a très bien accueillie.
Elle me parle de prendre rendez-vous en pédo-psychiatrie; ils sont hélas constamment débordés. Je lui conseille donc de contacter le centre médico-psychologique du secteur, ils sont très bien.
Par ailleurs, Sébastien a la varicelle.
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