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Mercredi 7 mars 2007

Vue hier Patricia, 16 ans, patiente connue depuis plus de 12 ans, venue avec sa mère pour "tâches rouges qui grattent un peu".

Elle me dit qu'elle n'a pas de fièvre, que ça gratte à peine, que ça a commencé il y a deux jours et que ça s'étend.

Elle passe côté salle d'examen, elle enlève pantalon et chemisier.

Je pose une question : "c'est celle-là la première tâche apparue ?" en montrant le dessus du sein gauche. La réponse est oui.

Pityriasis rosé de Gibert. Typique. Cause inconnue. Pas de traitement sauf éventuellement contre le prurit.

On passe toujours pour un grand gourou, à diagnostiquer comme ça d'un coup d'oeil.

Pfuiitt ! Des nèfles !

Presque toute la dermato, c'est pareil : soit on trouve en 5 secondes, soit c'est la galère, même avec les biopsies : c'est peut être, ou éventuellement, pourrait, évoque, ....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 7 mars 2007

Vu hier m. G., 69 ans, hypertendu, diabétique de type 2, pour suivi du traitement.

Bon pied, bon oeil, pas de problème particulier par ailleurs, tension équilibrée à 130/72, hémoglobine glycosylée à 6,1 %, reste du bilan annuel normal.

Voilà le genre de cas qui nous remonte le moral !!! on a l'impression d'être à la fois utile et efficace !!!

Bon, la vérité, c'est peut être que si l'on n'en avait que des comme ça, on s'ennuierait un peu.

Si. Faut dire.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 7 mars 2007

Revue hier cette patiente qui présente des tendinites importantes de l'avant-bras droit, qui a été déclarée inapte à son poste par le médecin du travail, et qui doit être reclassée dans son entreprise qui heureusement en a la possibilité.

Sauf que, au moment où le médecin du travail l'a déclarée inapte, le directeur du personnel (pardon, des ressources humaines) était aux sports d'hiver. Et qu'au retour dudit directeur, c'est le directeur général du site qui est parti en vacances (les caraïbes, d'après la patiente). Et que le "ressource humaines" n'a pas voulu prendre de décision (pourtant il prend la paye, non ? ce genre de truc m'échappe toujours. Et après on vient nous vanter l'efficacité du privé, enfin, bref).

Donc pas de décision. Car l'entreprise a un mois de délai pour répondre.

Donc nécessité de prolongation de l'arrêt maladie pour cause administrative, en fait liée au sable (blanc ?) de la plage sur laquelle le grand patron est en train de se construire consciencieusement son cancer de la peau.

Au retour du patron, il restera 3j pour la réponse à la patiente.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 6 mars 2007

Vue hier mme D., 33 ans, pour pharyngite avec toux rebelle. Ce n'était pas son plus gros problème. A son entrée, j'ai bien vu qu'elle était sombre. Je lui demande donc ce qui ne va pas.

En fait, elle est partie une semaine en vacances en famille, et à son retour, elle apprend que sa grand-mère, qui n'habite pas très loin de chez elle, qui a 92 ans, a fait un malaise, que sa tante, qui elle habite à 50 km a dû venir. La grand-mère s'est retrouvée hospitalisée quelques jours.

Et bien sûr, enfin c'est évident pour nous médecins, entre le malaise, le stress et le changement de décor, la grand-mère en a pris un coup, et a du mal à s'en remettre.

Mais pour elle, c'est le service qui était dangereux, les confrères incompétents, les infirmières méchantes, les aides-soignantes fainéantes.

Je tâche de lui expliquer ce qu'il en est en réalité; d'autant que cet hôpital, et ce service de gériatrie sont très bien.

Dans ces cas là, je n'hésite pas à me servir des cas de mes propres grands-parents pour expliciter ma pensée.

L'arrivée de la mort n'est pas un processus lent et régulier. Il se fait généralement par à-coups, avec des ruptures, des marches, voire des paliers.

A 92 ans, le moindre changement dans la routine quotidienne est une épreuve.

On dit bien que la fracture du col du fémur est une façon de mourir; et c'est vrai. Non pas la fracture en elle-même bien sûr, mais tout ce qu'elle suppose avec.

Mme D. est repartie avec moins de ressentiment, je crois.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 6 mars 2007

Revu hier m. B., 71 ans, à sa sortie d'hôpital, où il a fait un court séjour de trois jours, dans le cadre du suivi du cancer au poumon.

Il a été mis sous oxygénothérapie ambulatoire, car, entre une tachycardie à 130 ne répondant pas au traitement par amiodarone, et une anémie provoquée par les chimiothérapies, la saturation était mauvaise; d'où essouflement pour un rien et intense fatigue.

Il me dit mieux dormir depuis qu'il a l'oxygène la nuit.

En revanche, ni lui ni sa femme qui l'accompagne ne comprenne plus rien aux traitements. En effet, l'amiodarone a été remplacé par de la digoxine, afin toujours de ralentir le rythme cardiaque. Et comme il a par ailleurs un traitement par AVK en prévention d'une récidive de phlébite, étant donné qu'il a fait phlébite + embolie pulmonaire au premier séjour hospitalier, il se retrouve avec deux dosages à faire suivre, deux intervalles dans lesquels il doit être situé.

Ils n'ont sans doute pas osé poser trop de questions aux confrères hospitaliers. Et le stress induit par les examens peut aussi jouer.

Et bien, c'est le rôle du médecin traitant, non ?

Expliquer, expliquer, expliquer.

Et dire de passer avec le prochain résultat du dosage, vu que là, on était largement en dessous du seuil, avec par ailleurs un électrocardiogramme mettant toujours en évidence un pouls à 130. D'où doublement de la dose de digoxine.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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