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Jeudi 31 janvier 2008

Question posée : à supposer une mesure pour améliorer l'état de santé de nos concitoyens, quelle devrait-elle être ? (on avait le droit de rêver à une mise en oeuvre totale)

Bon, il me faudrait une baguette magique, mais sans hésitation que l'observance des patients deviennent de 100%.

Parce qu'il faut bien se dire que le respect des consignes atteint péniblement le 50%, si on se fie non à l'avis des médecins, qui se voient tous beaux, forts, nobles et convaincants, mais aux mesures et dosages objectifs.

Or, avec ce taux très moyen moyen de 50%, on a gagné en gros 3 mois d'espérance de vie par an depuis 30 ans. Et avec une morbidité en net progrès aussi. A l'heure actuelle, un patient de 70 ans vous parle de son voyage au Pérou à venir sans que cela n'étonne personne.

Que ne pourrions nous espérer comme résultat avec du 100% ? Parce que l'inobservance est toujours la première cause d'échec d'un traitement, c'est bien clair et bien démontré.

Si on demande des 2° et 3° mesures, sans hésitation réduction des accidents domestiques (comment ? ça ......) et disparition du tabac.

Seul aspect un peu chagrinant si cela devait se réaliser : je me verrais contraint d'enlever mon sous-verre en face de mon bureau, et ne pourrais plus relire mon fidèle "vox in deserto".

par le toubib publié dans : point de vue
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Jeudi 31 janvier 2008

1°/ Personnels des hôpitaux

Dans la presse professionnelle, compte-rendu d'un article d'un expert qui s'est penché sur le problème. Il note la dispersion des moyens, avec 4,8 structures de santé pour 100 000 habitants, contre 2,3 au Royaume-Uni par exemple, mais avec 1,64 membre de personnel soignant par lit de soins aigus, contre 6,5.

Par ailleurs, les personnels administratifs représentent 38% des non-soignants, et les agents de services techniques plus de 50%.

Il y a ainsi dans les hôpitaux 2,5 fois plus de gens pour entretenir jardins, locaux et parc automobile, que de personnel pour les services de radiologie, de pharmacie, de biologie. Ce alors même que l'appel à des sous-traitants extérieurs est de plus en plus important. L'expert recense au total 183 corps de métier différents à l'oeuvre dans le cadre hospitalier .....

Logique et Raison Pure.

2°/ Deuxième couche

Alors que la passage de la grippe est terminée dans le coin (derniers cas la semaine passée), il semble bien que le cousin parainfluenzae revient à la charge, et que depuis lundi ce soit reparti pour un tour ..... le même, ou son frère.

Avec des patients qui ont fait une grippe, et qui gémissent sur leur sort de se voir ramenés sensiblement au même état clinique !

Paracétamol et ibuprofène pour tout le monde !!!

par le toubib publié dans : brèves
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Jeudi 31 janvier 2008

Il semble anodin, et même totalement à votre service; il est présent pratiquement dans chaque foyer; au contact le plus intime de l'être humain, il crée ainsi année après année des milliers de problèmes, dont nous sommes amenés, nous médecins généralistes, à voir une bonne part; c'est en réalité un instrument du diable, qui devrait être en toute logique interdit à la vente : le coton-tige.

Parce qu'enfin, mis à part refouler le cerumen pour arriver à créer un bouchon par strates et couches successives, que nous aurons au mieux toutes les peines du monde à extraire, et qui au pire aura entre temps donné de beaux grands vertiges au patient, ou conduire à des otites externes chez les patients (ou leurs enfants) qui confondent conduit auditif et goulot de bouteille, coton-tige et goupillon, hmmm, à quoi il sert ce truc ?

Le rapport bénéfice / risque est cliniquement nettement en faveur du retrait du marché de ce machin, et il serait plus que temps que nos décideurs, au lieu de se perdre en querelles oiseuses, se penchent sur ce qui est un véritable problème de santé publique, et mettent en route une étude en double aveugle randomisée contre placebo, afin que nous sachions enfin à quoi nous en tenir.

Le strict minimum, en l'absence d'un permis d'utilisation qui semble effectivement actuellement financièrement difficile à metttre en place, l'état des caisses étant ce qu'il est, serait d'interdire l'usage aux moins de 15 ans, d'une part, et aux plus de 65 ans, d'autre part.

Mais voilà : encore faudrait-il que d'aucuns soient à même d'oser s'opposer au lobby en place .....

(non mais c'est vrai quoi : deux cas hier; un bouchon, une otite)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 30 janvier 2008

J'aime bien lire et relire certains articles de ma revue médicale préférée, histoire d'en extraire la substantifique moëlle.

Hier, en milieu d'après midi, toujours ou presque le creux au niveau des consultants. Je reprends donc ma revue, numéro de janvier, p 66 et suivantes.

L'article concerne l'aptitude au travail.

Nous sommes pratiquement les seuls à définir cette notion, et à demander un examen d'embauche. Dans la plupart des pays (développés) la viste est réservée à certains postes à risque particulier. Et l'inaptitude débouche sur des prises en charge en invalidité.

Il ressort de l'article que 1% des visites conduit à un avis d'inaptitude, 1% de plus à des inaptitudes temporaires, et 4,5% à des restrictions ou des demandes d'aménagement.

Il est à noter que l'inaptitude temporaire n'existe pas dans le Code du travail ..... Pas plus qu'il n'y a de définition de l'aptitude au poste de travail dans ce même code ....

Le concept est critiqué pour son absence de fondement scientifique, et de valeur prédictive pour un individu donné pour une pathologie liée au travail.

Bien évidemment, le problème de l'amiante, comme celui de l'exposition aux risques mutagènes et toxiques n'ont fait que renforcer les doutes.

Tout le monde convient qu'il est urgent de redéfinir la notion. Personne n'est d'accord sur le but et les moyens pour y parvenir.

Faut-il recentrer la médecine du travail sur les personnes les plus exposées aux risques mesurables et authentifiés ? Cela ne conduirait-il pas à retarder la prise en compte de risques nouveaux, ou à minimiser des risques déjà existants mais difficilement quantifiables, comme le fameux "harcèlement moral" ?

Article des plus intéressant. Qui donne l'impression que ce n'est pas près d'être solutionné.

voir Revue Prescrire, janvier 2008, p 66 à 68; abonnement de 120 euros par an (étudiant) à 253 euros. Un investissement des plus valables.

par le toubib publié dans : remise en cause
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Mercredi 30 janvier 2008

Hier, loi des séries, deux cas. Deux patients habituels, quoique je ne les vois guère dans l'année : adultes jeunes, masculins, ceci expliquant cela, n'est-il pas.

Le premier s'inquiète d'une douleur dans la poitrine, médiane basse, apparaissant par moment depuis six mois environ.

A l'interrogatoire, il ressort que cela parait très mécanique et lié à certains mouvements lors de son travail, ce qu'il a bien repéré : il me décrit le geste principalement en cause d'après lui.

Je lui demande alors de lever les bras à hauteur de la poitrine et de presser les paumes des mains l'une contre l'autre. Bingo "c'est exactement la douleur !". C'est musculo-tendineux, le grand pectoral. Anti-inflammatoire, éviter le geste en cause pendant un bon moment. Il me dit qu'il peut s'arranger au travail pour ne pas avoir à le faire.

Bon, ça facilite quand le patient arrive avec une bonne notion du problème, hein -)

L'autre cas a été un rien plus long à comprendre.

Douleur de la cheville et du pied gauche, de la malléole externe au 5° orteil pratiquement. Presque tous les jours en fin de journée, rattachée au travail car peu ou pas présente les fins de semaine. Peu intense, mais gênante.

A l'examen, rien. Pas d'oedème, pas de douleur à la palpation, amplitudes et force normales.

Je demande alors au patient son métier : il répare de vieux parquets; il travaille donc à genoux. ... je lui demande de me montrer sa position de travail. Et là, bingo : en se mettant à genoux, il a la cheville qui part en dedans, appuyée sur le bord externe. Ce n'est pas le cas à droite, le pied est en appui sur les orteils.

Anti-inflammatoire, certes, mais il faut trouver un truc pour éviter une récidive permanente : il me dit qu'à sa connaissance il n'existe rien; à la mienne non plus, d'ailleurs. 

En cherchant deux minutes, je lui propose de tenter une chose : fixer au dessus du pied, en bas de la jambe, un bloc de polystyrène à peine plus long que le pied considéré. A genoux, l'appui devrait se faire sur le bloc, laissant le pied pendre dans le vide. Pour ne pas reporter l'appui sur le genou, il va falloir ajouter de l'épaisseur au niveau de la genouillère. Sinon, fixer le bloc de façon à interdire l'inversion, un peu sur le côté, en interne, le pied gauche reposant alors aussi obligatoirement sur les orteils.  Un truc que j'avais vu en ergothérapie, en centre de rééducation.

Tests faits au cabinet avec un morceau de polystyrène, ça semble fonctionner. A voir.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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