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Commentaires

Lundi 30 avril 2007

Vue samedi matin mme L., 31 ans, patiente habituelle, pour déclaration de grossesse.

Un truc d'une logique toute administrative : le dépistage de la syphilis, qui n'est plus obligatoire pour les certificats prénuptiaux, l'est pour la grossesse.

Cela doit faire 20 ans que je n'ai pas vu un test positif.

En revanche, la sérologie VIH doit être proposée, mais n'est pas obligatoire.

Si l'on compare le nombre de cas annuels, la gravité des pathologies, on se dit qu'il y a comme un problème.

Nous sommes en France, pays de la Logique et de la Raison.

par le toubib publié dans : point de vue
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Lundi 30 avril 2007

Vu samedi matin m. C., 24 ans, patient habituel, pour contrôle et suivi après accident du travail il y a deux semaines.

Il a eu une contusion du pouce gauche sur mouvement forcé; il a été vu en hospitalier, rien à la radio, pose d'une orthèse pouce-poignet et deux semaines d'arrêt.

Il revient, il râle parce que cela ne va pas mieux. Il n'y a plus d'oedème, mais la douleur est quasi identique, la mobilisation très limité, la pince pouce-index impossible et sans force.

Je lui demande d'aller faire une radio de contrôle; il ne veut d'abord pas, il veut juste une prolongation d'arrêt. En insistant longuement, je finis par le persuader d'aller passer cette radio.

Il revient une demie-heure après : fracture du scaphoïde, non-décelée sur la 1° radio, comme souvent. Je dois lui expliquer à plusieurs reprises que c'est fréquent que cette fracture soit dans un premier temps invisible.

Il est bon pour retourner à l'hôpital pour se faire faire un plâtre. Il râle qu'il va y passer un temps fou.

Je n'y peux rien !

 

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 30 avril 2007

Vue samedi matin mme P., 39 ans, dont je ne suis pas le médecin traitant mais que je vois de temps à autre. Elle vient pour maux de gorge, toux, et a par ailleurs besoin d'un certificat pour pouvoir participer à une course à pied.

Son motif initial de consultation est vite réglé : pharyngite.

Elle a par ailleurs une autre question. Elle présente depuis 8/10 ans un vitiligo des mains, s'étendant peu à peu sur les avant-bras, puis les bras.

Elle a eu différents traitement, corticoïdes, UV, sans aucun résultat. Elle a des phases de stabilisation, puis ça repart.

Elle me dit que son médecin traitant n'est pas chaud pour le traitement chirurgical, que les dermatologues consultés non plus.

Je ne peux que lui confirmer ce qu'elle sait déjà : on ne préconise cette solution qu'en cas de stabilité des lésions. En outre, la surface cutanée concernée me semble hors de portée des techniques actuelles.

Elle en a assez des solutions cosmétiques, assez de porter des manches longues au soleil.

Je comprends, mais mis à part compatir, la médecine n'a rien à proposer.

La dermatologie, sorti de l'infection/mycosique, c'est très vite désespérant.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 28 avril 2007

Vu hier dans la presse médicale qu'une consoeur a été condamnée à trois mois de prison avec sursis parce que, alors qu'elle était réquisitionnée pour la permanence des soins, elle s'est retrouvée injoignable par défaut de couverture de son portable, et qu'un patient est décédé dans l'intervalle.

Le MG libéral est responsable et comptable de tout, y compris des défauts de la régulation ou des opérateurs téléphoniques, grâce au fameux  "manquement à l'obligation de prudence et de sécurité" (principe de précaution).

C'est ce constat, dressé depuis 2002, date de la loi, par un groupe de médecins, puis par mon syndicat, qui m'a conduit à me déclarer non-volontaire auprès de l'ordre, et même à refuser des réquisitions, comme de nombreux autres confrères.

En effet, les salariés sont tenus au repos de sécurité, et à un temps maximal hebdomadaire de 48h. En libéral, les définitions ne sont pas aussi précises, mais nous avons les articles 70 et 71 du code de déontologie.

Les questions posées tant à l'ordre des médecins qu'au ministère sur la compatibilité entre la permanence des soins et ces textes restent depuis 2002 sans réponse. Et la situation est de fait aggravée au niveau juridique depuis décembre 2006, et l'inscription de la permanence dans le cadre du service public.

Autrement dit, la lecture faite par les confrères, c'est que l'Etat demande au médecin libéral d'assurer la permanence en sachant fort bien qu'il est alors dans l'illégalité la plus totale.

Et les autorités supposées être en charge du dossier sont donc incapables de démentir cette lecture.

Pour ma part, je suis donc non-volontaire, comme la loi m'y autorise expressément, et j'ai en outre refusé jusqu'à ce jour deux réquisitions.

Ces refus ont donné lieu au total à quatre procédures, devant quatre juridictions différentes : ordre, tribunal administratif, tribunal de proximité, tribunal correctionnel.

J'ai à chaque fois gagné.

par le toubib publié dans : point de vue
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Samedi 28 avril 2007

Tiens, deux autres choses qui m'horripilent, même si certains n'y peuvent rien.

La première, ce sont les parfums. J'y suis très sensible, un parfum trop fort, ou surtout en trop grande quantité, ça me dérange, ça me déconcentre, parfois cela me donne des maux de tête.

Et puis, si à la suite se présentent trois ou quatre patients avec des fragrances bien typées et bien différentes, le mélange est généralement plutôt explosif pour mon pauvre nez !

Sans parler des cas où la quantité de parfum est censée masquer l'insuffisance d'hygiène corporelle, là c'est l'horreur.

L'autre chose, pour laquelle les patients concernés ne sont en rien responsables, ce sont les voix.

Les voix pointues, haut perchées, en crécelle : je n'y peut rien, ça me hérisse. Certains frissonnent au bruit de la craie crissant sur le tableau, et bien c'est pareil.

Je serre les dents, je tâche de faire abstraction, je m'accroche.

La MG, c'est pas toujours facile -)

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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