Retour hier de m. P., 41 ans, patient habituel, avec ses résultats biologiques et radios.
Il était venu vendredi dernier pour des douleurs abdominales mal définies, sans facteurs déclenchants évidents, touchant le côté droit dans son ensemble, durant depuis environ deux mois, sans
autres signes associés, ni digestifs, ni généraux.
Bien entendu, comme toujours dans ces cas là, l'examen n'avait rien apporté de plus.
Seul élément à retenir, un changement de travail, sensiblement peu de temps avant l'apparition des douleurs, et à la clef des repas décousus et déséquilibrés, midi et soir, cinq jours sur sept.
Et prise de poids de cinq kilos.
Donc, pour le principe petit bilan biologique et ASP (radio de l'abdomen) plus échographie abdominale.
Le bilan nous montre des amylases (enzymes du pancréas) à peine au dessus de la limite, tout le reste est noraml, notamment tout ce qui concerne le foie.
Radio et échographie retrouvent énormément de gaz, un foie un peu gros, et pas grand chose d'autre, notamment pas de cailloux qui traîneraient ici ou là.
Bon, d'un côté c'est rassurant, de l'autre nous voilà bien avancés.
Comme il n'est pas d'un naturel hypochondriaque, je lui propose d'essayer d'équilibrer mieux son alimentation, en se préparant ses repas à emporter plutôt que de faire pizza-sandwich sur base de
tickets restaurant. Il me répond qu'il a commencé !
Bon, parfait, on verra ce que ça donne sur un mois.
On va bientôt pouvoir se poser très sérieusement la question -)
Il avait déjà été mis en évidence que l'acupuncture factice est aussi efficace que le traitement standard dans la lombalgie chronique (ici).
Voilà que l'on peut avoir encore plus de doutes, étant donné que le paracétamol semble aussi efficace, et a moins d'effets secondaires potentiels, surtout en cas de sciatique !
Voir le résumé de la chose sur cet excellent site découvert il n'y a que quelques temps sur conseils de confrères (et du coup je me suis abonné à la version papier) : Minerva.
Dans le même numéro, une petite étude, critiquable, conclue que les AINS locaux (en gel) font aussi bien que les formes orales (comprimés) dans la rhumatologie du genou.
Lesquels ont une efficacité des plus limitées de toutes les façons dans l'arthrose, quelque soit la localisation, dont le genou, bien
sûr (ici).
Bref, dans une optique scientifique, il faut s'en tenir à paracétamol + attendre.
Bien entendu, ça ne caresse pas la majorité des patients dans le sens du poil, et les industriels du médicament encore moins. Autant
dire que le concept va se vendre comme des cercueils à deux places.
La vérité en médecine, c'est rarement porteur, c'est bien une des rares choses dont je suis sûr et certain -)
1°/ Pourquoi ? Là est la question.
Congrès européen sur l'obésité ces jours. Deux études montrent que l'obésité ne progresse plus chez les enfants en France, contrairement aux autres pays européens.
L'institut français pour la surveillance de la santé démontre que la prévalence de l'obésité chez les enfants de 7 à 9 ans est identique entre 2000 et 2007.
L'agence française pour la sécurité alimentaire retrouve la même stabilité dans une autre étude entre 1998/1999 et 2006/2007.
Etant donné qu'on ne peut pas dire que la France a fait grand chose en ce domaine, on suppose que c'est le fait d'attirer plus l'attention sur le sujet, notamment via les médias grand
public, qui aurait eu un impact, les parents se préoccupant plus de la balance pour leurs enfants.
2°/ Remise du rapport Gagneux à notre quart de temps de ministre.
Il s'agit encore et toujours du fabuleux projet que le monde nous envie, celui du dossier informatisé dit DMP.
Il serait quasi facultatif, le patient aurait le droit de masquer des données, et de refuser l'accès de son dossier à un professionnel de santé.
Il est préconisé de refaire des tests sur une vingtaine de sites pilotes sur 3 ans, la généralisation devant se faire sur une bonne
dizaine d'années.
Budget prévu pour les seuls tests : 300 millions par an.
On est très très loin des 10 euros par an et par dossier initialement mis en avant .....
Hier, à quatre reprises, plus deux assimilées, même motif de consultation, fréquent après les fins de semaine, et plus encore si c'est
à rallonge : sport, bricolage et jardinage.
Je le leur dit et répète, mais rien à faire, il faut qu'ils aillent pratiquer des choses qui ne sont plus de leurs âges.
Madame et Monsieur R., environ 45 ans tous les deux, ballade sportive en VTT. Et bien à l'arrivée, deux éclopés, avec l'un et l'autre une cuisse (pas la même d'ailleurs) gonflée non par le
gain musculaire, mais par une belle déchirure.
Madame et Monsieur P., 50 ans, randonnée pédestre. Madame a glissé, est partie sur les fesses dans la pente, entorse d'une cheville; monsieur en tentant de la relever s'est fait mal à l'épaule. A
l'examen, sans contestation possible, tendinite de la coiffe des rotateurs.
Madame C., 38 ans, qui entre en boîtant bas. Quel sport ? question que je pose en souriant in petto, peu compatissant que je suis. Et bien peinture et raté de marche d'escabeau.
Monsieur T., 45 ans, qui passe la porte d'un air très digne, bien obligé, raide comme il est. Il a voulu finir ses carrés pour planter ses légumes "à cause de la lune, vous comprenez".
Repos, diclofenac et paracétamol pour tout le monde.
Je vais songer à mettre un panneau lumineux au cabinet. Grand. Rouge. Clignotant.
"Passé 25 ans, on est sur la pente descendante".
1°/ Les tentatives pour garder des médecins généralistes en exercice après leur retraite, par autorisation du cumul, sont un
échec.
En outre, l'âge moyen de départ en retraite a baissé de douze mois entre 2005 et 2007.
Autre problème majeur : les médecins généralistes de 55 ans et plus se tournent massivement vers le salariat, l'offre étant en
constante augmentation.
Et nous entrons seulement dans les années de creux, avec les départs massifs, et les arrivées au compte-goutte.
2°/ Seules 10 facultés ont mis en place le stage de médecine générale du deuxième cycle selon les dispositions prévues (6 semaines temps plein équivalent).
3°/ Permanence des soins : on en apprend de belles !
Dans la presse professionnelle, on peut lire des comptes- rendus de la mission chargée d'arrondir les angles de la diminution du
nombre de secteurs, notamment ceux concernant l'Yonne. Un cas d'école.
Un tiers des secteurs ne sont tout bonnement pas pourvus, et un autre tiers le sont de façon épisodique.
Et avec ça, on voudrait nous faire croire qu'il n'y a aucun problème, à peine une ou deux difficultés qui seront résolues tranquillement.
1°/, 2°/, 3°/ : jusqu'ici, tout va bien.
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