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Samedi 30 juin 2007

Vue hier mme C., 29 ans, patiente habituelle, pour douleur au pied gauche.

Notons qu'elle sort tout juste d'une fracture du scaphoïde droit, et qu'elle a bien entendu de la rééducation en cours étant donné l'importance de cet os dans les mouvements de la main.

La douleur se présente à la marche, presque systématiquement, et va s'aggravant. Elle part du talon pour se prolonger vers l'avant, sur le bord externe du pied.

En outre, la patiente est coiffeuse ....

A l'examen, la palpation déclenche la douleur.

Elle me voit faire la grimace. Probable épine calcanéenne.

Je demande une radio de confirmation, elle revient peu après avec : épine.

Diclofenac, semelles.

Je lui redis que cela risque d'être long. Elle soupire. Oui, c'est la loi des séries.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 30 juin 2007

Vue hier mme J., 35 ans, patiente très intermittente, venue avec sa fille.

Venue comme une fleur, sans rendez-vous. Un vendredi en fin d'après-midi. Et qui en plus voulait passer avant les patients avec rendez-vous.

Pour une urgence : il lui faut un certificat pour sa fille avant lundi pour un dossier de colonie de vacances. Et en plus la gamine a deux ans de retard pour les vaccins, qu'il faudrait mettre à jour !

Je fais l'ordonnance, et lui dit d'aller voir son médecin traitant pour le certificat et les vaccinations.

Elle me dit que je ne suis pas sympa. 

Je me contente de lui demander depuis quand elle a son dossier. Grand silence.

Je les raccompagne en lui disant "sur rendez-vous". Elle n'est pas contente. Moi non plus.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 30 juin 2007
Vu dans la presse professionnelle que les étudiants (enfin, leurs syndicats) s'élèvent vigoureusement contre l'inscription de l'épreuve de lecture critique aux examens.

De fait, cela s'est fait un peu légèrement, à la va vite, pouvant très éventuellement créer des conditions non standardisées.

Mais des critiques ressort surtout le fait d'une peur bleue d'un examen sans bachottage possible, basé (horreur des horreurs !) sur la réflexion et non sur le avalé-appris-recraché-oublié.

Bien sûr que cela ouvre la porte au subjectif, au je-ne-sais-quoi, au presque-rien.

Si on se fie à ce qui ressort  de ces interventions, nous allons avoir des générations de spécialistes spécialisés tenant de l'acte technique pur et dur.

Il est vrai qu'ils finiront presque tous spécialistes d'organes.

Plus on agrandit le paravent des épreuves dites de sciences humaines, plus on voit que le roi est nu : le problème est pris à l'envers.

En effet, que constatent les étudiants : que loin des beaux discours, la réalité c'est que ce sont les actes techniques qui sont les mieux considérés et les mieux rémunérés. 

Partant de là, comment leur donner tort ?
par le toubib publié dans : point de vue
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Vendredi 29 juin 2007
Vu dans la revue Prescrire de juillet un article concernant du sildénafil en utilisation pour le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire.

Il s'agit de la forme à 20 mg par comprimé, pas de celles utilisées dans les troubles de l'érection, et non-remboursées. 

Le prix est de 594 euros la boîte de 90 comprimés, en rétrocession par les pharmacies hospitalières aux patients en soins ambulatoires.

Ce qui met le mg à 0,33 euros contre 0,14 euro le mg pour la forme la moins chère des traitements de l'érection.

2,35 fois plus cher : première anomalie.

Mais en plus, cette molécule a une ASMR de niveau 5, c'est à dire "absence de progrès thérapeutique".

Autrement dit, ce produit n'apporte rien par rapport aux médicaments déjà présents.

Pas mieux, cher, remboursé : nous sommes en France, pays de la Logique et de la Raison Pure.
par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Vendredi 29 juin 2007
Vu hier m. B., 38 ans, patient habituel, pour troubles du sommeil.

En fait, de l'interrogatoire, il ressort très vite que ce patient, prof en institut technologique est en burn-out, ou, pour parler français, en épuisement émotionnel.

Tout simplement des gens qui se font bouffer par leur profession, qui sont des passionnés, qui y vont à fond, et qui dépassent les limites. 

Ils deviennent malade de leur métier.

Ils sont alors à la fois détachés et irritables, professionnellement comme dans leur vie privée, seront volontiers surconsommateurs de tabac, alcool, pourront avoir des idées noires voire suicidaires.

C'est assez fréquent dans le milieu médical aussi.

La seule solution est de couper un temps, de récupérer physiquement, et de suivre une psychothérapie pour repartir sur de meilleures bases;

Le problème est bien souvent que ces personnes, sur-investis dans leur métier, ne veulent pas de remise en cause de leur façon de fonctionner.

Pour m. B., cela ne s'annonce pas trop mal : il a écouté sa femme qui lui a dit de venir me voir, il accepte sans discuter un arrêt de travail (à noter qu'en un an il a pris réellement une semaine de vacances, ses congés étant sinon consacrés à la mise en place de son boulot, ce qui est aussi typique du syndrome).

Il parle même d'aller consulter un psy.

A suivre.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
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