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Mardi 31 octobre 2006

Quelques règles auxquelles je tente de me tenir dans mon exercice de la médecine générale :

- traiter au minimum et au plus court possible

- tenir compte des études publiées : ce qu'on appelle la médecine basée sur les preuves

- primum non nocere : vieil adage médical, d'abord ne pas nuire

- ne pas compter sur une bonne observance des patients : toutes les études montrent que beaucoup de patients ne respectent pas à la lettre les prescriptions ....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 31 octobre 2006

Encore un patient qui s'inquiète de son cholestérol.

Nous en avons à dire, nous, médecins généralistes, sur ce cholestérol !

D'abord, ne pas se fier aux normales, soi disant en fonction du sexe et de l'âge, annoncées par le laboratoire d'analyses médicales. C'est n'importe quoi.

Ensuite, bien savoir que les histoires de "bon" et de "mauvais" cholestérol font le bonheur des cardiologues et des publications scientifiques, mais qu'elles n'ont aucune corrélation avec l'espérance de vie du patient considéré. Seul le cholestérol "total" est en relation directe avec l'espérance de vie.

En pratique, ce qui est prouvé et démontré, c'est qu'il faut traiter les patients ayant une ou plusieures des conditions suivantes :

-  plus de 7,75 mmol/l (soit 3 g/l) de cholestérol total

- antécédents cardio-vasculaires (infarctus, accident vasculaire, ...)

- diabétique

 

Plusieurs études ont démontrées que traiter dans les autres cas modifie les causes de mortalité sans modifier la mortalité globale, autrement dit sans modifier l'espérance de vie.

Plusieurs études ont démontrées que faire baisser le "mauvais" cholestérol ne modifie pas la mortalité globale.

Plusieures études ont démontrées que les principaux facteurs de risques pour les maladies cardio-vasculaires sont le tabac, l'alcool, l'hypertension artérielle, la sédentarité. Le cholestérol a un rôle très secondaire.

 

par le toubib publié dans : médicaments, techniques, examens
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Lundi 30 octobre 2006

Courrier du jour. Refus de paiement de la CPAM de 5 actes en CMU, concernant la même patiente, faits avec feuille de soin papier. 105 euros non payés.

Me demande Nom, prénom, n° sécu : toutes choses déjà indiquées sur les feuilles.

La patiente m'avait présenté une attestation papier, sa carte Vitale étant en attente.

Cela se passe beaucoup mieux avec la carte Vitale, même si l'histoire du médecin traitant oblige couramment à cocher "acte en urgence" pour ne pas se faire retenir quelques euros si le patient n'a pas choisi son médecin traitant.

Encore du temps perdu à du non médical.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 30 octobre 2006

Ce matin, impossible de lire les cartes Vitale. Fonctionnement impeccable samedi matin .Obligé de tout arrêter, d'appeler l'éditeur du logiciel. Correction, c'est reparti.

Heureusement, avec les vacances scolaires, c'est assez calme. C'est le genre de truc qui m'énerve profondément.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Samedi 28 octobre 2006

Elle a 17 ans.

Sa mère est venue avec elle, après m'avoir appelé, et expliqué la situation. Le père est décédé il y a 4 ans dans un accident. Depuis, elle se drogue. Héroïne. Sans injection. Elle dit qu'elle veut s'en sortir, mais pour sa mère, elle veut juste ne pas souffrir de manque. La mère, elle veut juste arrêter de vivre ça, pour elle-même, pour ses autres enfants.

Il y a déjà eu des consultations de psy, à l'hôpital, qui ont conclu qu'elle n'est pas dans une demande de soins. On lui a prescrit de la Buprénorphine (Subutex°), 6 mg par jour. La mère veut donc savoir si je peux prendre le relais.

Lors de la consultation, comme je n'entend pas rédiger l'ordonnance de suite, la lui donner, et au revoir, elle se lève, furieuse, et part.

La mère pleure doucement, tassée dans le fauteuil de gauche. Je l'écoute me raconter tout ça, comme elle a dû le raconter déjà bien souvent, cette sensation d'être inutile, désarmée, et coupable, de ne pas trouver de solution, jamais, les mensonges, les manipulations, les vols, qu'on la traitée elle, la mère, de menteuse, "elle est tellement mignonne" , les refus de prise en charge "si elle ne veut pas arrêter".

Je rédige l'ordonnance, la donne à la mère. Seul le temps nous dira.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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