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Mercredi 31 octobre 2007
Cabinet fermé. De retour le 2.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 31 octobre 2007
Hier, par deux fois, questionnement de parents au sujet du vaccin Prevenar°, qui a bénéficié d'une campagne de publicité intensive à destination du grand public ces temps.

Ce vaccin doit protéger des infections graves à pneumocoques, qui sont notamment une des causes possibles de méningite.

Le problème est que d'une part il ne couvre que 60% des sérotypes de pneumocoque, que d'autre part il y a environ 200 cas d'infections graves par an pour 800 000 naissances; ce qui pourrait éviter théoriquement 7 à 8 décès par an, en vaccinant la totalité de la classe d'âge (et non plus d'une dizaine comme l'écrit la Revue Prescrire à la page 509 de son numéro 274, les chiffres de l'article permettant de redresser cette erreur).

En contrepartie, on peut attendre 1 réaction allergique potentiellement mortelle pour environ 500 000 enfants vaccinés, et surtout plusieurs études mettent en évidence un doublement du nombre de cas de syndrome de Kawasaki, ce qui entrainerait théoriquement 6 à 7 décès. Les démentis sont faibles et de peu de valeur, et ont été eux mêmes sujet à remise en cause.

Autrement dit, le gain serait nul.

Je me suis inquiété de l'erreur de calcul comme du problème du Kawasaki auprès de ma revue professionnelle préférée, qui m'a promis une réponse sur le fond, mais plus d'un an après, je n'ai toujours pas eu d'analyse complémentaire, malgré une relance.

J'essaie donc d'expliquer aux parents tout cela, que l'on est dans le flou, que le gain est a priori nul, et que pour ma part je ne suis pas partisan de faire ce vaccin, jusqu'à informations complémentaires sur son rapport bénéfice/risque.

Dans la plupart des cas, les patients sont contents du fait que je leur donne des explications, et que je leur dise que je ne sais pas vraiment quelle position adoptée.
par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 31 octobre 2007

Je le connais depuis des années. C'est un patient habituel.

Il traîne à droite à gauche avec son chien, il travaille quand il en a besoin, ne mendie jamais, squatte ici ou là. Marginal, par choix a priori.

Hier, il vient à cloche pied, en se plaignant de son pied droit. Il s'est mal réceptionné sur un saut, trois heures auparavant.

Pas d'oedème, pas d'hématome, mais il a badigeonné tout le pied à la Bétadine° par crainte d'une coupure. 

Pas de douleurs aux maléoles, pas de douleur de la base du 5°, mais gros doute sur le naviculaire. Il faudrait faire une radio, mais il me confirme qu'il n'a toujours pas fait le nécessaire pour son dossier de CMU. Il me dit qu'il peut payer la radio, il ne tient pas à aller aux urgences, à cause de son chien. Mais si c'est effectivement fracturé ?

On verra, je fais un mot au confrère.

Il revient peu après, rien sur la radio. Il est tout content, et en plus le radiologue lui a dit qu'il se débrouillerait pour le paiement directement (en réalité, lui aussi à travailler gratis pro deo).

Bon, antalgiques, et attendre que cela passe.

Je lui redis qu'il devrait s'occuper de ses papiers de CMU, qu'un jour il pourrait en avoir vraiment besoin. Il me dit oui, bien sûr.

Au début de mon installation, ce genre de cas étaient beaucoup plus nombreux, je m'étais inscris à Réso en outre, car le système des bons ....; puis il y a eu le passeport départemental, nette amélioration, et enfin la CMU.

Et l'habituelle rumeur, que les patients en CMU exagèrent; ce qui est démenti par les chiffres, ils dépensent moins que la moyenne comparable, mais pas de la même façon.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 31 octobre 2007

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) vient de publier un communiqué qui n'est pas sans rappeler celui concernant les "médicaments" de l'Alzheimer.

Il s'agit cette fois des rosiglitazone et pioglitazone, deux molécules utilisées dans le diabète de type 2, celui traité par comprimés.

Ces molécules n'ont aucun intérêt démontré au long cours. Il n'y a pas une étude démontrant qu'elles améliorent morbidité ou mortalité globale (qualité et espérance de vie).

Par contre, nous sommes certains qu'elles augmentent le risque de fracture chez les femmes, et le risque cardio-vasculaires chez l'ensemble des patients.

L'Agence européenne du médicament (Emea) a décidé de conserver ces molécules sur le marché, avec leurs indications, en "renforçant les informations portant sur la sécurité cardio-vasculaire".

Autrement dit, on renvoie la totalité de la responsabilité sur le prescripteur de base.

Mais à quoi servent donc ces agences à la ..... mis à part à stipendier les copains ?

Pouvons nous espérer un jour avoir une agence indépendante, aux avis scientifiquement fondés ?

Parce que, au passage, c'est sur ce genre de ..... que sont basées les brillantes recommandations qui sont supposées nous guider.

Pitoyable, consternant.

par le toubib publié dans : point de vue
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Mardi 30 octobre 2007

Vu hier Christophe, 4 ans, patient inconnu, pour éruption cutanée importante apparue la veille au soir.

Effectivement éruption massive touchant le cou, le thorax, l'abdomen, le dos, la racine des quatre membres. En macules, rouge tirant sur le brun, confluentes, mais il y a des intervalles libres. Pas d'effacement à la pression.

Fièvre à 38°, rhinite, toux. Et je constate des lésions de grattage. La mère me confirme que c'est assez prurigineux.

Pas d'angine, auscultations normales. Pas de signes neurologiques.

Cela évoque une rougeole, ce que je n'ai pas vu depuis ... 10 ans ? Plus de 10 ans ?

Je pense alors à demander à la mère si le gamin est vacciné rougeole-oreillon-rubéole : et bien non, elle est contre, elle ne fait faire que les obligatoires.

Bon, a priori, c'est donc bien une rougeole.

Traitement symptomatique.

La petite soeur, deux ans, non vaccinée elle aussi, qui était là  risque d'être concernée sous peu, mais pas obligatoirement.

J'ai hésité à dire le fond de ma pensée à la mère, et j'ai laissé tomber : je me connais, j'aurais été rapidement mordant, et cela n'aurait rien changé, ni pour l'un, ni pour l'autre.

Tous mes petits patients sont vaccinés pour le tryptique : le bénéfice/risque est connu, clair et net. 

Et malgré cela, le pourcentage de gamins vaccinés en France peine à dépasser les 80%, ce qui nous vaut encore environ 60 000 cas annuels de rougeole, et donc environ 50 à 60 cas annuels d'encéphalite morbilleuse. Avec 15% de décès, et des risques de séquelles gravissimes.

Il y a des fois, on se demande si on ne devrait pas faire des signalements pour défaut de soins ....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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