Présentation

Commentaires

Lundi 31 décembre 2007

Revue samedi la patiente mentionnée ici. Ce n'est donc pas une grossesse extra-utérine. Sauf qu'il n'est pas certain qu'on y ai gagné au change.

A l'échographie, cailloux dans la vésicule (inexistants sur la précédente écho faite il y a moins d'un an). Pas de kystes ovariens. Mais une image intra-hépatique, compatible avec une hypothèse d'angiome, absente à la précédente écho.

J'aime pas ça, j'aime pas ça, j'aime pas ça.

La patiente a surtout peur de devoir se faire opérer des lithiases, sa mère a été cholecystectomisée il y a trois ans, cela s'était fort mal passé, avec une perforation intestinale à la clé ....

En l'interrogeant à nouveau, elle me dit qu'elle a eu des nausées par moments, "mais comme tout le monde avait la gastro ..."

Et évidemment, on est samedi, 29 décembre.

On va faire un bilan biologique à visée hépatique, demander une IRM, et prévoir l'avis d'un confrère gastro-entérologue.

Non seulement je me suis trompé (ça encore, hein, c'est pas la 1° et c'est pas la dernière fois), mais on tombe sur un truc ....

Cela me contrarie.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Lundi 31 décembre 2007

En réponse à Alex.

D'abord, pour sourire, et je jure que c'est vrai, mes gardes étaient très calmes. Pour une raison très simple : l'époque.

J'ai été thésé en décembre 1990, et me suis installé en mai 1991 (les remplacements c'était pas mon truc, je l'ai vu très vite !).

Or la loi qui autorise les services d'urgences à faire de la médecine générale date de la fin des années 1980 (1988 je crois). Les patients n'avaient donc pas (encore) l'habitude de venir aux urgences pour un oui ou pour un non.

La situation actuelle est bien différente. On a appris aux patients à considérer les urgences comme une solution disponible et gratuite.

Parce que cela arrange bien aussi les hôpitaux : ça fait tourner le compteur, c'est la vitrine qui permet de réclamer toujours plus.

Après, on peut casser le thermomètre qui indique de la fièvre. 

Mais la réalité d'après les rapports de la Cour des Comptes, et le topo de Berland, c'est que le passage coûte en moyenne 220 euros, que les 14 millions de passages ont donc coûté 3 milliards, que pour 80% ils auraient dû être vus ailleurs (et à moindre coût), et que pour 80% d'entre eux (11 des 14 millions), ils se sont faits aux heures ouvrables.

Ce que vous confirmez en partie d'ailleurs : si certains arrivés à 18h passent à 20h30, c'est bien parce qu'il y avait foule ... à 18h.

Pour comparaison, l'acte vu en permanence libérale a un coût moyen de 48 euros .... 

Ce qui n'empêche pas le système, toujours très Logique et Raison Pure, de souhaiter réduire encore le nombre de secteurs de gardes libérales. On était à 3 500 en 2002, on est à 2 737, il faudrait descendre à 2 500 ...

Pourtant, différentes solutions ont été proposées : 

- pour les urgences, copier le système des visites à domicile : demander à l'entrée 10 euros, qui ne seront rendus que contre un quitus attestant de la nécessité médicale de la venue. Cela a fait baisser les visites à domicile de 52% en 5 ans !!!

- pour le système libéral, seule une professionnalisation, pourrait répondre à la question dans la légalité (voir ici).

Mais voilà : les intérêts en jeu sont à la hauteur des sommes citées plus haut. Ces 3 milliards d'euros annuels représentent un peu plus de 5% des budgets des hôpitaux.

Et bien évidemment une vitrine politique pour le maire de la ville. Qui est bien souvent aussi député ou sénateur ....

Et là, nous sommes très loin des raisons médicales, et au plus près des raisons réelles de cet état de fait.

Tout cela au pays de la Logique et de la Raison Pure -)

par le toubib publié dans : point de vue
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Lundi 31 décembre 2007

En réponse à Doctorette. 

Un peu d'histoire pour planter le décor. Il faut revenir à 2002, et au mouvement massif de grève des gardes libérales de l'époque. Mouvement qui conduit à la modification de l'article 77 du code de déontologie, qui concerne la permanence des soins.

Le texte prévoit alors que la participation à la permanence des soins se fait sur la base du volontariat, et qu'en cas de vide dans le tableau de gardes, le préfet pourra réquisitionner un médecin pour assurer cette garde (réquisition administrative).

Mais il va tout de suite y avoir plusieurs problèmes.

D'une part, les médecins spécialistes d'organes continuent majoritairement, avec la complicité des CDO (conseil départemental de l'ordre des médecins) et des DDASS, à ne pas être impliqués dans la permanence, en violation flagrante des textes (on ne parle pas des gardes spécifiques ou chirurgicales, mais du cas commun). Dans le même temps, seuls 43% des médecins généralistes se portent volontaires (ou acceptent en rechignant). On a donc des réquisitions dans 40 départements en France actuellement, portant exclusivement et de façon illégale sur les seuls médecins généralistes.

Cela c'est le problème de forme (enfin, un des problèmes : la réquisition s'appuie aussi sur des textes concernant les pérodes de guerre ... et le préfet doit pouvoir prouver l'absolue nécessité), qui va conduire un certains nombre de confrères à attaquer les arrêtés préfectoraux en justice, et à gagner dans 95% des cas (personnellement sur 40 cas je ne connais qu'une décision de justice en faveur du préfet ...). Mais comme généralement les tribunaux ne font qu'annuler la réquisition, sans pénaliser financièrement les services préfectoraux, ceux-ci n'ont aucune raison d'arrêter les réquisitions.

Dans le même temps, se pose un double problème de fond, également (hasard de l'histoire) en date du 1° janvier 2002. 

La mise en place du repos de sécurité pour les hospitaliers, et l'entrée en vigueur d'un principe de précaution (article 223-1 du code pénal).

Problème qui s'aggrave par la suite en décembre 2006, avec l'inscription de la permanence libérale comme mission de service public.

Or, le médecin libéral, s'il n'a pas de texte très clair, a l'obligation de soigner dans des conditions minimales; extrait de l'article 71 du code de déontologie : Il ne doit pas exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre la qualité des soins et des actes médicaux ou la sécurité des personnes examinées.

Certains confrères ont donc saisi de la question le National de l'Ordre, le Ministère, les groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale et du Sénat.

Sans réponse à ce jour et ce depuis 2002. Avec un questionnement renouvellé tous les ans.

Pour les confrères qui lisent ces lignes, ils peuvent s'ils sont inscrits à un CDO lui poser la question : 

on constate que depuis 2002, CNO, Ministère, groupes parlementaires refusent de répondre à la question suivante : "la permanence des soins telle qu'actuellement organisée et pratiquée est-elle compatible avec d'une part le Code de déontologie, notamment en ses articles 70 et 71, et d'autre part le Code pénal, notamment en son article 223-1?"; le CDO du (département) peut-il confirmer ou infirmer ?

Je paye une bouteille de champagne au premier qui obtient une réponse à cette question -)))

En clair, certains médecins, dont votre serviteur, pensent que l'on nous demande, bien entendu en toute connaissance de cause, de travailler dans l'illégalité.

Et ces mêmes médecins constatent depuis 2002 que ces autorités, supposées en charge du dossier, sont incapables de démentir cette supposition.

Voilà l'état des choses en ce presque début 2008 au pays de la Logique et de la Raison Pure -)

par le toubib publié dans : point de vue
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 29 décembre 2007

Hier, je revois mme F., 79 ans, à sa sortie de l'hôpital. Elle a été hospitalisée en urgence dimanche il y a presque deux semaines pour ce qui s'est révélé être un AIT. Un deuxième épisode après un autre il y a 5 ans.

Bilan satisfaisant, tout comme ceux précédents ce problème,on lui a prescrit un peu d'orthophonie, qui sera en réalité fort peu utile, vraiment une très bonne récupération.

Ce qui me fait hésiter entre hurlement et grand soupir, c'est l'ordonnance médicamenteuse de sortie.

Pas le principe de modification de mon traitement, non, le choix des molécules, et tout ce que cela sous-entend derrière.

Je rappelle que je prescris à plus de 80% en DCI (dénomination commune internationale, nom chimique du médicament).

Cette patiente prenait un antihypertenseur de la classe des IEC (ah les acronymes ! inhibiteurs de l'enzyme de conversion), génériqué.

Un deuxième antihypertenseur de la famille des diurétiques, génériqué.

Un hypocholestérolémiant de la classe des statines , génériqué.

De l'aspirine, prescrite en nom de marque (elle n'existe pas autrement pour cette indication).

Elle ressort avec un autre IEC, concurrent du premier, non-génériqué; le même diurétique mais prescrit dans une forme galénique (la présentation) non-génériquée; une autre statine, non-génériquée.

Et une autre aspirine, du même industriel, sous une forme n'ayant pas l'indication officielle !

Bien entendu je ne vais pas perturber la patiente en modifiant à nouveau tout ça.

Mais franchement .....

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Samedi 29 décembre 2007

Depuis le début du mois environ, il y a dans mon exercice de tous les jours un mystère, pas bien important certes, mais bon, c'est quand même très bizarroïde.

La monnaie.

La pièce de 2 euros, ou les deux pièces de un, qui permettent de faire le compte rond pour les patients qui payent en espèces.

Et bien, il faut croire qu'il n'y en a plus en circulation : presque tous arrivent sans, quand ce n'est pas avec des billets de 50 ou 100 euros.

Un collectionneur local ? Une migration dans des régions plus chaudes ? Un sort vaudou ?

J'ai été obligé d'aller faire changer pour obtenir des rouleaux de pièces. Dont le nombre dans ma caisse (boîte en plastique à compartiments en fait : avec les clés de la boîte aux lettres, une gomme, des trombones, des timbres et un flacon de correcteur liquide; d'ailleurs d'où il vient celui-là ?) fond comme neige au soleil.

Mystère, mystère.

Bon, au passage, si on pouvait faire directement avec les caisses et les mutuelles, on serait moins ....... avec ces .......

Mais nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure, n'est-ce pas ?

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus