Hier, par deux fois, questionnement de parents au sujet du vaccin Prevenar°, qui a bénéficié d'une campagne de publicité intensive à destination du grand public ces temps.
Ce vaccin doit protéger des infections graves à pneumocoques, qui sont notamment une des causes possibles de méningite.
Le problème est que d'une part il ne couvre que 60% des sérotypes de pneumocoque, que d'autre part il y a environ 200 cas d'infections graves par an pour 800 000 naissances; ce qui pourrait éviter
théoriquement 7 à 8 décès par an, en vaccinant la totalité de la classe d'âge (et non plus d'une dizaine comme l'écrit la Revue Prescrire à la page 509 de son numéro 274, les chiffres de l'article
permettant de redresser cette erreur).
En contrepartie, on peut attendre 1 réaction allergique potentiellement mortelle pour environ 500 000 enfants vaccinés, et surtout plusieurs études mettent en évidence un doublement du nombre de
cas de syndrome de Kawasaki, ce qui entrainerait théoriquement 6 à 7 décès. Les démentis sont faibles et de peu de valeur, et ont été eux mêmes sujet à remise en cause.
Autrement dit, le gain serait nul.
Je me suis inquiété de l'erreur de calcul comme du problème du Kawasaki auprès de ma revue professionnelle préférée, qui m'a promis une réponse sur le fond, mais plus d'un an après, je n'ai
toujours pas eu d'analyse complémentaire, malgré une relance.
J'essaie donc d'expliquer aux parents tout cela, que l'on est dans le flou, que le gain est a priori nul, et que pour ma part je ne suis pas partisan de faire ce vaccin, jusqu'à informations
complémentaires sur son rapport bénéfice/risque.
Dans la plupart des cas, les patients sont contents du fait que je leur donne des explications, et que je leur dise que je ne sais pas vraiment quelle position adoptée.
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