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Jeudi 29 novembre 2007

Vu hier m. T., 60 ans, patient habituel, pour renouvellement de son ordonnance de morphinique.

Ce patient, ancien gros fumeur, a fait un cancer du plancher de la bouche, découvert par lui-même il y a un an et demi. Ayant refusé l'opération chirurgicale, jugée trop délabrante, il a été traité par chimiothérapie et radiothérapie.

Il a fait plusieurs complications par la suite, notamment des épisodes de muguet buccal, avec d'importantes douleurs à type de brûlures.

Il est depuis sous traitement de morphine (comprimés à libération prolongée), avec un bon contrôle de la douleur.

Il a déjà notablement diminué les doses, par palier. Mais il craint un peu de diminuer plus, car on en viendrait bien sur à la question de l'arrêt. Et il a peur d'avoir mal.

Je lui dis et redis donc une fois de plus que l'on peut très bien lui prescrire le même produit en action immédiate "au cas où". Qui aurait donc aussi un effet anxiolytique certain. Et que nous n'y sommes pas encore.

Mais n'est-ce pas le propre des produits efficaces pour leur cible privilégié que d'être dans le même temps les meilleurs placebos ?

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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