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Mercredi 12 décembre 2007

Hier, j'ai revu deux petits patients habituels, même si je ne les vois pas souvent, dont les cas sont une illustration parfaite à mon avis de ce qu'est notre métier, et de ses limites.

Deux frères,  l'un qui a maintenant 8 ans, et l'autre 6.

Il y a 3 ans, en faisant la courbe de poids de l'aîné, je remarque une cassure : la courbe n'est pas harmonieuse, s'aplatit. Le poids stagne depuis un an environ.

Je l'adresse donc en hospitalier pour un bilan de malabsorption. Après de très longues recherches, on diagnostique une maladie très rare, un déficit en N-acétylglutamate synthase, ce qui perturbe le cycle de l'urée (absorption, dégradation, élimination des protéines).

La maladie est congénitale, extrêmement grave, elle conduit à des comas, des troubles et des séquelles neurologiques, et à une mortalité précoce.

Bien entendu, au moment où j'adresse le gamin pour le bilan, je ne pense pas du tout à cette possibilité, je ne la connaissais même pas !

Le petit patient est mis sous traitement de Carbaglu°, médicament alors très récent, l'amélioration est spectaculaire.

Un an et demi après, alors qu'une surveillance rapprochée était faite sur le petit frère, je constatais la même cassure de courbe de poids : et effectivement, le diagnostic était identique. Là aussi, le traitement a eu un effet très notable. Traitement qui sera à vie.

C'est là le coeur de notre métier, je pense : suspecter, détecter, puis passer la main à des confrères aux compétences plus pointues.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Commentaires

Quel dur métier ! et en plus, savoir passer la main quand on a un doute, je trouve cela formidable : en fait, vous avez sauvés ces 2 gosses ? Je ne vous dirais pas bravo parce que je ne pense pas que le terme soit approprié, mais, pour avoir moi aussi d'excellentes relations avec ma généraliste depuis bientôt 20 ans, je respecte vraiment ceux qui savent le faire bien ce métier. Hier, j'avais besoin de la voir pour un souci, et j'avais aussi besoin de parler, et bien, l'écoute que certains médecins peuvent avoir, je trouve cela formidable, même si les gens dans la salle d'attente vous lancent des fléchettes fictives des yeux parce que vous avez été trop longue à consulter ! Mais un médecin n'est pas un épicier, n'est ce pas ? Bien à vous, j'aime beaucoup lire vos articles, même si je mets rarement un commentaire. Babou
commentaire n° : 1 posté par : babou (site web) le: 12/12/2007 16:22:21
Mais non, c'est le pharmacien l'épicier !!

(oups je sors, je sais ou est la porte ... :) )
commentaire n° : 2 posté par : Rica (site web) le: 12/12/2007 16:57:39
C'est le pharmacien,l'épicier............

           Ce n'est pas si faux!!!  
         Et il consulte son chiffre d'affaire/  année précédente
         Et on place les "produits conseil"   juste au bon endroit pour que le client ne les rate pas............!
         Et on fait des tetes de gondole.........!
  ETC.......VENDRE,c'est un art  !!!    On fait appel à des spécialistes en marketing  ....!!!
commentaire n° : 3 posté par : orage le: 12/12/2007 17:37:14
oh, je pense qu'on est bien loin des stratégies marketing des grands labos ds nos petites officines...
C'est bcp plus artisanal !!! (Eosine qui bosse dans une grosse officine pourtant !)
commentaire n° : 4 posté par : Eosine (site web) le: 12/12/2007 22:54:26
Le genre de diagnostic qu'on n'observe qu'une seule fois dans sa carrière...
De toute façon, les maladies métaboliques sont tellement rares et diverses, que c'est une histoire de spécialistes...
Moralité : un carnet de santé tenu à jour, c'est essentiel...
commentaire n° : 5 posté par : Interne en fin de cursus le: 13/12/2007 04:00:20

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