Le blog d'un toubib médecin généraliste
Vue hier mme H., 44 ans, patiente habituelle, pour suivi et renouvellement de son traitement.
Cette patiente a d'une part une petite hypertension artérielle, équilibrée sans problème, et d'autre part deux autres pathologies chroniques beaucoup plus délicates à traiter.
Tout d'abord, des lombalgies présentes depuis des années, suite à des fractures de vertèbres, du sacrum et du bassin après un accident de la route. Après plusieurs essais de
traitements, on a trouvé un équilibre viable avec du Rivotril° et du paracétamol. Le Laroxyl° était beaucoup plus efficace, mais entraînait malheureusement trop d'effets secondaires.
Ce qui est bien dommage, car il permettait de traiter au mieux le second problème chronique, à vrai dire assez lié au premier, une dépression qui fait le yoyo.
Actuellement, mme H., par ailleurs suivie par un confrère psychiatre, n'a comme autre traitement qu'un hypnotique, Havlane° en l'occurence.
Ce qui n'est déjà pas d'une logique absolue, étant donné qu'il s'agit de la même famille que le Rivotril°. Mais il est vrai que l'indication notée noir sur blanc n'est pas identique, ce
qui a évidemment son importance.
Hier donc, elle me demande d'arrêter l'Havlane° pour un autre produit "qui réussit très bien à une amie". Allons bon. Et qu'est-ce donc ? Elle sort une boîte vide de son sac.
Tercian°. Un truc assez lourd, pour pathologie de type états psychotiques ou anxiétés majeures et résistantes. Avec une liste d'effets secondaires plus longue que le fameux jour
sans pain.
Je lui ai donc dit "non" d'entrée, hors de question. Et je lui ai expliqué pourquoi. Il est certain que c'est le fait d'avoir ouvert le Vidal° et montré la liste des effets indésirables qui l'a
convaincue !
Elle est donc repartie avec son ordonnance habituelle.
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