Le blog d'un toubib médecin généraliste
En réalité en médecine générale, on est forcé d'utiliser constamment des statistiques, même si cela n'est pas vraiment visible et évident pour le patient.
Quand je vois un cas d'angine, que je fais mon calcul de points, c'est une décision statistique : tant de chance que. Si j'utilisais le test rapide, cela serait pareil : sensibilité et spécificité n'étant pas de 100% (et moindres que le test clinique, d'ailleurs ...), nécessairement, c'est un calcul de chances.
Quand je choisis de traiter un diabète de type 2 (celui traité par comprimé) avec de la metformine, c'est aussi statistique : plus forte probabilité d'efficacité. Pareil quand je choisis en priorité telle ou telle famille d'anti-hypertenseur pour ce patient précis.
Ainsi, hier, je vois en consultation mlle C., 17 ans, patiente habituelle, sans antécédent particulier. Elle m'appelle à 14h, et ne peut venir avant 18h. L'horaire à son importance
: cela veut dire que le labo est fermé, de toutes façons.
Depuis deux jours, mictions fréquentes, brûlures urinaires. Tous les signes d'une infection urinaire.
Pas de fièvre, pas de douleurs abdominales, simple pesanteur du bassin.
La bandelette vire, confirmant l'impression clinique.
Elément important, pas de notion d'infection urinaire récente, aucune depuis un an à vrai dire.
Ce qui statistiquement signifie que l'on peut considérer comme vrai à 80% deux informations cruciales : a/ le germe est le célébrissime E. Coli b/ sensible à tous les antibiotiques.
Ce qui rend l'analyse urinaire peu pertinente, d'une part, et permet d'autre part de mettre en route l'antibiothérapie sans attendre.
Statistiques et probabilités sont les fondements de la décision en médecine, surtout en médecine générale.
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