Le blog d'un toubib médecin généraliste
Reçu hier deux courriers concernant des médicaments dont on se demande pourquoi ils sont encore là.
Le premier concerne le piroxicam (nom chimique), anti-inflammatoire non-stéroïdien(AINS : veut dire que ce n'est pas de la cortisone ou un dérivé de celle-ci), vendu sous ce nom, mais aussi comme
Proxalyoc°, Cycladol°, Inflaced°, Brexin° et autres Feldène°.
L'Afssaps informe d'une restriction des indications thérapeutiques drastique, avec de plus la mention que la molécule ne doit pas être utilisée en traitement de première intention.
Le rapport bénéfice/risque est revu comme étant peu favorable.
De suite, on a deux remarques à faire :
- le produit est ancien, les problèmes connnus, pourquoi si tard ?
- et surtout, pourquoi si peu ? il devrait être retiré du marché (et depuis lurette), c'est tout
Rappel : les références parmi les AINS sont l'ibuporofène et le diclofénac.
Le deuxième courrier contient une plaquette de 20 pages sur papier glacé, censée me présenter "le métabolisme lipidique au microscope", et faire de la pub pour un fibrate.
Or, nous ne disposons en quoi, 40 ans ?, d'existence de la famille de ces hypocholestérolémiants d'aucune étude démontrant une efficacité sur la morbidité ou la mortalité totale. L'étude OMS
montrait même une surmortalité de 47% .....
Ils ne servent à rien, ils sont toujours là, ils sont toujours remboursés.
Confirmation par deux fois donc hier d'une donnée de base : nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure.
Je n'ai pas compris sur ce courrier ce qui avait changé leur point de vue de cette façon. Combien y a-t-il eu de surmortalité, d'effets secondaires?
J'en ai marre de gober des choses sans que l'on m'explique par le menu "pourquoi?"
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