Le blog d'un toubib médecin généraliste
Ces temps je l'ai vu trois fois en quelques jours. M. M., psychotique, un de mes deux patients habituels vraiment difficiles à gérer au niveau psychiatrique. Le premier est
paranoïaque, mais jamais agressif. Lui peut être violent, parait-il, bien que pour ma part je ne l'ai jamais vu ainsi.
Je suis toujours très mal à l'aise face à lui. Je ne sais comment prendre en charge sa souffrance. Déjà, je reçois deux à trois fois par an des courriers le concernant : la dénomination de sa
pathologie varie selon l'interlocuteur, et / ou selon les variations du DSM (classification des troubles psy); heureusement son traitement lui reste stable.
Le problème, par ailleurs, c'est qu'il est hypertendu, et diabétique de type 2 (celui traité par comprimés).
Et là, obtenir un suivi correct des traitements, c'est souvent plus que difficile.
Il y a les consultations pendant lesquelles il ne va me parler que de ses suspicions sur tel ou tel de son "entourage", ne répondant pas à mes questions sur son observance, sur le
fait que j'aimerais avoir un résultat biologique; il y a les consultations pendant lesquelles il pleure, persuadé qu'on ("on") a sciemment installé en lui hypertension et diabète, qu'il est un
cobaye.
Objectivement, l'observance est moyenne, mais pas catastrophique. Il respecte à peu près les périodes de rendez-vous. Ce sont les à côtés du purement médicamenteux qui me chagrinent : c'est
clairement pas ça. Rien ne passe.
L'impression de faire au moins pire, au coup par coup, sans référence, un peu à l'aveuglette, beaucoup au pifomètre.
J'en ai plusieurs fois parlé avec des confrères de ce genre de cas : ils trouvent que je ne m'en sors pas si mal. Je trouve plutôt qu'on est tous pas bon -)
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