Le blog d'un toubib médecin généraliste
Et toujours aussi peu de solution réelle.
C'est une patiente habituelle, connue depuis presque 5 ans maintenant. La première fois, elle venait d'emménager sur la ville, elle m'avait apporté un résumé fait par son médecin précédent, et
une pile d'ordonnances soigneusement classées, remontant les 8 dernières années.
Elle a 26 ans, et a été suivie en psy depuis l'âge de 14 ans.
Elle a eu d'après son dossier comme d'après ses ordonnances à peu près tous les antidépresseurs existants sur le marché. Elle a vu, me dit-elle, une bonne douzaine de confrères
psys au fil des ans. J'en ai décompté 3 sur les ordonnances, donc sur une période de 8 ans.
Elle a été "classée" comme dépressive chronique. Pour elle, c'est tout simplement "quelques mois tout bon, quelques mois tout mauvais". Et elle ne veut plus prendre de traitement de fond, suite à
une prise de poids massive sous traitement. Poids qu'elle a eu énormément de mal à perdre, sur plus de quatre ans.
Lors de la première consultation, elle prenait zopiclone (somnifère) et bromazépam (anxiolytique) un à deux par jour. Traitement qui était en place depuis quelques mois.
Nous en sommes toujours là. Sans amélioration ni dégradation de l'état de la patiente.
Nous avons les "foke / yaka" qui nous piautent aux oreilles de supposés judicieux conseils. Mais dans la réalité, qu'avons nous à proposer à cette patiente ? Un sevrage ? Pour quel bénéfice ?
Déséquilibrer la vie et le vécu alors qu'elle s'en tire cahin-caha ?Dans l'attente de l'arrivée sur le marché d'un miracle en sachet minute, reconduction de la
prescription.
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