Le blog d'un toubib médecin généraliste
Du cabinet comme du blog pour la journée.
Montée à Paris pour la journée de clôture des Egéos I (ah, ces acronymes ! états généraux de l'organisation de la santé, première partie).
Nous serons quelques uns à crier dans le désert que nous fonçons dans le mur, le klaxon bloqué, la tête à la portière en train de hurler des insanités, la co-pilote en train de tripatouiller le
GPS, gyrophare tournant, sirène hurlante, les passagers arrière en prières, faisant des neuvaines pour que le mur se pousse.
Nous savons que la messe est dite avant d'être jouée, les compte-rendus sont déjà écrits. Notre tiers de temps de ministre va en clôture se féliciter de la vaste concertation
menée, de la profondeur des débats, de la qualité des propositions finales.
Nous allons redire que nous sommes les derniers des Mohicans, que personne ne veut prendre la suite, que les arrivants souhaitent rester remplaçants, ou devenir salariés, et qu'ils ont
raison.
Nous allons redire que dans trois ans nous aurons atteint les chiffres qu'ils prévoient pour dans dix ans. Et que dans cinq ans, nous serons dans une situation qu'ils n'ont
même pas envisagée.
Nous allons redire que leur volonté de permanence des soins 24h/24 7j/7 dans l'inorganisation actuelle conduit inexorablement au désert en journée en semaine.
Nous allons redire qu'une solution existe, que nous pouvons faire mieux, autrement.
Nous allons le faire, parce qu'il faut que quelqu'un le fasse.
Nous allons le faire parce que nous avons le plus beau métier du monde.
Et comme nous sommes en démocratie, on applaudira poliment nos propos, en pensant in petto "cause toujours !" -)))
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