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Vendredi 29 février 2008

Ces jours plusieurs patients m'ont demandé mon avis sur le sujet, après avoir vu à la télé le cas de cette femme qui souffre d'une tumeur spectaculaire et qui demande à ce qu'on l'aide à mourir.

On a alors entendu et lu les habituels hypocrites bien-pensants des soins palliatifs sur le mode "on peut contrôler, on peut gérer".

Ben voyons. Si on contrôle la douleur, dans ces stades là, ce n'est plus le patient qui est en état de décider de quoi que ce soit vu les effets secondaires des traitements. Prétendre le contraire est un mensonge éhonté. 

Le fait est que ces médecins mettent toujours en fait au premier plan leurs propres convictions, au demeurant respectables, pour les imposer aux autres, sur le mode du pouvoir médical.

Donc quand on me pose la question, je suis très clair sur le sujet : je suis pour.

Non pour des raisons médicales. Mais pour des raisons philosophiques. 

Je n'ai pas à décider de la vie de qui que ce soit, et sa mort fait partie de sa vie. Ce n'est pas plus compliqué que ça.

Le refus d'euthanasie est une violation flagrante du droit de chacun à ses convictions religieuses et philosophiques.

Notre pays, supposé laïc, demeure largement en beaucoup de domaines sous la coupe de modes de pensées qui ne devraient relever que de la sphère purement privée.

par le toubib publié dans : point de vue
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Commentaires

Vous ne pouvez imaginer le plaisir que j'ai à "entendre" ces mots de la bouche d'un médecin! Je commençais à penser que l'on vous apprnait l'acharnement thérapeuthique durant votre formation et vos études!! Merci Docteur d'être un être humain.
commentaire n° : 1 posté par : 1patiente le: 29/02/2008 15:29:46
les soins palliatifs ne sont pas de l'acharnement thérapeutique non +, ne tombons pas dans l'excès !!!!

je suis pour qu'on légifère à ce sujet, l'hypocrisie hospitalière est tellement honteuse : j'arrête les soins, je l'endors et voila... ou je monte l'oxygène... donc pour, mais que ce soit très très encadré !!! (imaginons les pressions de la famille... toutes les familles ne sont pas bien intentionnées... "bon dites, il faudrait que ma mère meure dans le semaine, après je rentre chez moi et c'est loin !"))

le cas de cette dame est extrêmement délicat : tumeur rare inopérable diagnostiquée en 2000, qui ne supporte ni la morphine ni les corticoïdes !!!!!!!!!!! tumeur hypervascularisée qui fait qu'elle entend en permanence dans sa tête le sang qui pulse... et la pression contre ses yeux (elle est presqu'aveugle) pour laquelle on ne peut rien faire puisque les corticoïdes ont un effet paradoxal sur elle... bref, incurable, insoignable... bref intolérable !

mais quand vous entendez les équipes de soins palliatifs, ils ont de bons résultats pour certains patients qui vivent confortablement chez eux et sont heureux comme ça... il y a des exceptions dans tous les sens, mais pitié, pas de procès aux soins palliatifs, pas d'assimilation !!!!!
commentaire n° : 2 posté par : Tam (site web) le: 29/02/2008 15:58:18
le problème n'est pas les résultats des équipes de soins pallaitifs

le problème c'est que la loi considère le patient comme ... une chose ? un animal ? un incapable ? et le met sous tutelle, ni plus ni moins

c'est au patient de décider, de savoir s'il veut des soins palliatifs, et on doit alors lui apporter toutes les solutions possibles; ou s'il veut choisir sa mort

ce ne doit pas être une décision ni de la société, ni d'une équipe médicale

les exemples étrangers (Pays-Bas depuis 2001) montrent que le nombre de demandes n'ont pas vraiment augmenté
commentaire n° : 3 posté par : le toubib le: 29/02/2008 16:29:28
il y a une chose que je ne comprends pas chez cette patiente, si quelqu'un a la réponse... c'est naturel de demander le droit de mourir quand on est incapable de le faire soi-même (patient alité, grabataire... cf. l'affaire humbert !), mais quand on est libre de ses mouvements, qu'est-ce que ça change par rapport à un suicide semblable à tous les autres suicides ? faut-il une autorisation pour se suicider ? pourquoi demander à d'autres personnes ce que l'on peut faire soi-même si on le souhaite ?
commentaire n° : 4 posté par : Tam (site web) le: 29/02/2008 16:39:17
soit elle est moralement contre
soit elle a peur de se rater et de se retrouver dans l'état qu'elle veut éviter
commentaire n° : 5 posté par : le toubib le: 29/02/2008 17:07:16
letoubib...

Merci...

Je pense exactement la même chose.
commentaire n° : 6 posté par : Rica (site web) le: 29/02/2008 17:18:06
Voilà le Templier des Soins Palliatifs qui débarque. Je pratique les soins palliatifs depuis bientôt vingt ans, je forme des bénévoles qui accompagnent les mourants (ASP), je fais partie des équipes mobiles de soins palliatifs de mon département.
Une seule fois en 20 ans, je ne suis pas arrivé à soulager quelqu'un au point de l'endormir en attendant une autre solution ou la mort, mais je n'ai jamais pratiqué d'euthanasie. Je ne suis pas croyant (totalement agnostique : dieu(x) existe ou pas, je n'en sais rien et je m'en fous).
C'est gonflant de se servir d'histoires de chasse comme cette pauvre femme pour caricaturer un débat qui devrait mériter plus de subtilité.
En quatre lignes, difficile d'explicité la différence entre laisser mourir et achever.
Je ne pense pas que ce soit le rôle du médecin de tuer ses patients (ou ceux des autres). Pourquoi serait-ce le médecin ? Est ce une décision médicale ? Pourquoi tuer ? Pourquoi tuer est un interdit dans nos sociétés ? Comment donner un cadre à ce genre de chose ?
Si cette dame était ma femme, je la tuerais. Ce serait un assassinat. J'en accepterais les conséquences.
On ne peut pas tuer quelqu'un et ne pas en subir les conséquences. C'est trop grave.

Ne donnez pas la permission aux médecins de tuer des gens volontairement. C'est trop de pouvoir pour de pauvres êtres humains.
commentaire n° : 7 posté par : docteur V. (site web) le: 29/02/2008 18:50:34

deux problèmes :

- quid du choix du patient, et du respect de ce choix ?

- les exemples étrangers prouvent que ça peut fonctionner : il y aurait un micro-climat français qui fait que ce ne serait pas possible ici ?

les médecins font déjà et depuis toujours de l'enthanasie passive; c'est l'hypocrisie aux manettes

commentaire n° : 8 posté par : le toubib le: 29/02/2008 18:56:09
Je suis presque sure que tous les médecins sont pour l'euthanasie............Mais ça bloque queque part.............
        Si l'Etat  légiférait  dans ce sens, je suis presque sure que TOUT LE MONDE serait soulagé................Nous ne sommes pas plus betes que les Suisses qui ont recours au suicide assisté ,sans aucun état d'ame, à condition que ce soit le patient qui décide. Et c'est très bien fait  ...................  Très bien organisé....
       Reste à savoir POURQUOI   ça bloque ..............QUI est à ce point effarouché par l'idée de l'euthanasie.............
       Je ne pense pas que ce soit la religion....................Bon,oui, il y a des fanas partout  et pour tout  (les "anti IVG"  par ex )............
       Mais il faudrait que les citoyens demandent au gouvernement de légaliser l'euthanasie.............
       Et j'ai eu la meme réaction que TAM :pourquoi ne passe t elle pas à l'acte ,sans demander rien à personne.............là je ne comprends pas......................Ils sont nombreux ceus qui passent à l'acte en catimini........
commentaire n° : 9 posté par : Orage le: 29/02/2008 19:00:27
Et bien voilà,c'est les docteurs V  QUI BOQUENT..................!!!!!!!!
    On ne vous demande pas de prendre un pistolet et de tirer à bout portant...............!!!  En Suisse, c'est une infirmière qui prépare la potion  ET c'est le patient qui prend le verre et avale.................
commentaire n° : 10 posté par : Orage le: 29/02/2008 19:11:54

J'aurai tendance à y aller avec reflexion donc plus à écouter Tam ou le docteur V surtout lui il a son experience...et c'est vrai que generaliser l'euthanasie par cette affaire atroce de cette femme nécessite recul et surtout une décision, reflexion  à plusieurs

Et moi je serai plutôt pour mais cela demande une démarche tres tres tres contruite...reflechie...un accompagnement humain,philosophique...contre la souffrance qui ne peux plus être pris en charge

Je dis faisons attention car nous sommes une société de consommation où on agit souvent à la légère et en vitesse...

Elaborons un débat...sans renier les Docteur V que je ne connais pas mais que je ne renie pas...dire" QU'ILS BLOQUENT l'euthanasie"...c'est porter un jugement de valeur préconçue...cette une question qui demande l'avis de tout le monde et en plus de discuter de chaque cas...

commentaire n° : 11 posté par : Dr rempla le: 29/02/2008 19:38:41
Dr rempla:réfléchissons.....refléchissons................
       Bien sur que ça touche qqch de grave ,bien sur que ce n'est pas facile..............
       Mais il y a des années que l'on réfléchit...............
Des années que les gens en demande d'euthanasie  sont obligés de passer à la TV, d'écrire au Président de la République,  de souffrir ,  souffrir , souffrir  parceque NOUS REFLECHISSONS.........
    Des médecins courageux qui risquent la prison  pour avoir aidé qqn..............pendant que nous réflichissons ...............Nous allons bien,nous pouvons réfléchir encore pendant des années...............
             Comment ont donc fait les pays voisins???
 
commentaire n° : 12 posté par : Orage le: 29/02/2008 23:11:52
Pas d'accord du tout, pour une fois.

J'avais écrit un long truc, j'ai fait une fausse manip et c'est parti à la trappe, donc je vais essayer de résumer.

Oui, on peut traiter la douleur sans rendre les patients totalement apathique. Je ne croyais pas non plus, mais ça fait deux semaines que je suis en soins palliatifs, et j'ai pas encore vu de patients ensuqués par leur traitements. On fait tout pour trouver la bonne potion. Et les seuls patients sous sauvegarde de justice (mouahaha, la tutelle, qu'il faut souvent 6 mois pour mettre en place, alors en soins palliatifs...) sont les patients qui ont des méta cérébrales qui altère leurs capacités...

J'ai été, longtemps, pour l'euthanasie. Et d'autant plus après ce qu'on appelle le cas Humbert. Et puis à force de reflexion... j'ai changé d'avis.

L'analogie au suicide me fait bien rire. Si on detecte un comportement suicidaire chez une personne bien portante, il ne viendrait à PERSONNE l'idée de "respecter son choix". On Essayerait tout pour qu'il se sente a nouveau vivre. (enfin, sauf quand il s'agit de personnes agées, là, beaucoup s'en tappent... ben oui, ils sont vieux, c'est normal... )

Et là, vous estimer normal qu'on empeche un patient de vivre sa mort, comme dites, parce qu'il émet le désir de mourir. Mais ce désir de mourir, il a une raison, tout comme les gens qui se jettent par la fenêtre.

Un patient qui émet le désir de mourir, quelquesoit son état de santé, a un réel problème psychologique a résoudre. Et au non de quoi, sous pretexte qu'il est en fin de vie, lui refuserait on le droit d'être soigné aussi pour ce problème là? Alors que c'est justement la dernière occasion qu'il aura jamais de s'affranchir de tout ça?

Parce que de toute façon il va mourir? Parce que de toute façon, vu son état, on peut pas l'en blamer? parce que de toute façon, on se dit qu'a sa place, on aurait aussi envie de mourir? Parce que ce ne serait pas digne d'être grabataire? D'etre dépendant? Mais ceux qui enlève la dignité de ces gens là, ce ne sont pas eux même; c'est le regard que leur portent les biens portants et la société. (tu vas mourir, je te met à l'écart)

Vivre sa mort, c'est aussi accepter son caractère imprévisible, c'est aussi accepter son état physique.

Combiens de patients demandent à mourir parce qu'il ne veulent plus être un poids pour leur famille? Parce qu'ils sont déprimés par leur état non accepté? Parce qu'il ont l'impression d'être mis à l'écart? Parce qu'ils ont tout simplement peur?

Tout ça, on peut faire quelquechose contre. C'est ça, l'accompagnement. Ce n'est en aucun cas droguer les patients pour qu'ils n'aient même plus conscience de ce qu'il leur arrive. Et ce n'est pas non plus les regarder avec notre regard de bien portant effrayé par ce qu'il leur arrive en considérant que puisque leur mort est proche, ou puisque leur état est inacceptable à NOS yeux, on va accepter de les tuer, en considérant ça comme un choix parfaitement pesé et réfléchi, alors même que chez une jeune femme de 25 ans on penserait le contraire.

Et non, je ne suis pas une grenouille de bénitier.


PS: Le cas Vincent Humbert... je vous inviter à trouver le témoignage de son kinésithérapeute sur le net. Ca fait vraiment beaucoup réfléchir.
commentaire n° : 13 posté par : Couette (site web) le: 01/03/2008 00:41:50
Je trouve que la réflexion du Dr V. est à lire et relire... Sans tomber dans la caricature, l'euthanasie est surtout un débat de bien portant. Tous les gens vous diront que lorsqu'ils seront foutus, ils ne voudront pas souffrir, que l'euthanasie serait la solution.
Malheureusement, la pratique quotidienne montre plutôt que lorsque le patient est face à la mort, il a plutôt encore envie de vivre et que l'euthanasie ou autre... J'ai paradoxalement la chance de travailler dans une spécialité où les patients meurent souvent (et prématurément, je ne suis pas gériatre...) mais sans trop souffrir, je suis probablement donc moins apte à discuter de la douleur physique que certains confrères ou patients. Néanmoins, il faut reconnaître que les techniques d'antalgie, de sédation ont largement progressés et que parfois l'hospitalisation dans un service adapté permet une meilleure prise en charge des douleurs rebelles grâce au maniement de drogues d'anesthésie par exemple utilisées à faible dose. Je serais donc de l'avis du Docteur V, rares sont les douleurs physiques qu'on ne peut soulager (j'entends déjà le toubib ou certains confrères hurler non ? si c'est le cas, franchement, et sans critiquer, pour vos patients, adressez les à des structures adaptées, elles sont trop rares malheureusement...). Pour la douleur morale, c'est plus dur, cette pauvre femme défigurée souffre manifestement beaucoup mais sûrement pas que physiquement...
Que voulez vous répondre à un patient de 29 ans qui vous demande s'il verra son trentième anniversaire (cet été) alors que vous venez de lui annoncer que sa dernière chance de traitement a échoué... C'est du quotidien, comment soulager cette douleur morale, l'angoisse qui suit l'annonce puis le temps qui reste... Je ne crois pas que l'euthanasie soit la solution... Je ne souhaite pas euthanasier mes patients. Nous aimerions tant pouvoir les accomapgner au mieux jusqu'au bout, disposer de locaux décents, de structures adaptées, d'hospitalisation à domicile partout... Malheureusement, j'ai peur que l'euthanasie soit une réponse expéditive, rapide et définitive (pour le patient) à un problème bien plus profond... Il n'y pas de vérité absolue, ni de règle,chaque mort se prépare différemment, certains veulent toute la vérité, d'autres ne rien entendre même s'ils ont compris... Peut être que ce que nous souhaitons, nous, pauvres médecins égoïstes qui nous occupons de mourrants, c'est un peu de tranquilité et d'intimité avec nos patients, loin des débats enflammés et des polémiques...
commentaire n° : 14 posté par : Dr Pico le: 01/03/2008 00:44:26
J'estime qu'une personne qui est en bout de course, qui demande que l'on arrete tout, qui demande qu'on la laisse mourir, ....j'estime qu'elle a le DROIT de choisir SA MORT................Et que par conséquent,  la médecine devrait aider la personne à partir .....................SI ELLE LE DEMANDE AVEC INSISTANCE.......
   SI ELLE  L EXIGE..........
commentaire n° : 15 posté par : Orage le: 01/03/2008 01:31:51
Certain veulent une loi, mais elle existe. Elle s'appelle la loi Léonetti http://www.pallianet.org/377.0.html . C'est une loi très intelligente et quand elle sera correctement appliquée, il n'y aura plus d'affaire Humbert.
L'euthanasie passive n'existe pas. L'euthanasie est active. C'est décider de tuer un patient et de le faire avec une drogue ou autre chose. Arrêter une machine ou une perfusion est de l'arrêt de soin. Selon la loi, ce doit être décidé par une EQUIPE en accord avec le patient ou sa famille. C'est ce qui aurait dû être fait pour Vincent H. Arrêter la pompe qui le nourrissait et l'hydratait. Puisqu'il voulait (soi-disant) mourir, il n'y avait aucune raison de continuer des soins. Il serait mort tranquillement en quelques jours et aurait même eu le temps de changer d'avis. Il est étonnant de voir que ceux qui vous disaient qu'ils voudraient mourir dans "ce cas", ne sont plus si pressés et s'accrochent quand ils sont dans "ce cas". S'ils sont correctement soignés, bien sûr.
Les seules demandes d'euthanasie tenaces que j'ai eu proviennent des familles qui ne "supportent plus de le voir comme ça". Toujours le regard de l'autre.
Je ne crois pas que les gens est le DROIT de choisir leur mort. Pas plus qu'il n'ont le DROIT de choisir leurs enfants ou leurs parents.

Les médecins sont là pour soulager les patients. Pas pour les tuer.
Pourquoi ne pas demander aux abattoirs de régler le problème. Ils ont bien plus l'habitude que nous et le résultat serait le même.(provocation)
commentaire n° : 16 posté par : docteur V. (site web) le: 01/03/2008 07:14:57
Cela me convainc un peu que beaucoups de demande d'euthanasie ou de volonté d'euthanasie sont souvent du à un impasse à un manque de moyen en proposition de santé...si l'accpagnement ne se fait pas bien en inventant X solutions pour que la fin de vie se passe le plus dignement physiquement et moralement...avec rire et compagnie...Tout cela reflète notre société de consomation..une société.d'exclusion du handicap,du rejet de l'anormalité...de la perfectitude des hommes...allez Ducon de généraliste tu bosse 24/4...7j/7...et toi aussi le grognasse de caissiére tu trime le dimanche aussi...La compassion...passer du temps avec ceux qui en ont besoin...personnes agées...

On pourrait plus accompagner,construire une fin de vie agréable...ça demande un investissment humain,financier,philosophique..................l'euthanasie passive existe déjà............quand je bossais aux urgences tu savais que dans un service tous les vieux AEG,grabataires qui aavit une bronchopenumopathie ne recevait pas d'antibiotiques dans la plupart des services et en soi pour des demences Alzehier évoluées depuis 10 ans c'était une bonne chose...surtout que leur vie était merdique à cause d'un accompagnement ou médical ou famillial ou les deux.................nous vivons une société de l'insolidarité...je l'ai déjà écrit et e plus on a pris pour au moins jusqu'en 2012....dur on peux m'euthanasier????
commentaire n° : 17 posté par : Dr rempla le: 01/03/2008 08:47:21
oui, c'est le fond du débat, une fois écartés les éléments techniques qui font écran de fumée, et cette loi en est l'exemple typique de l'écran de fumée

pourquoi les gens n'auraient-ils pas le droit de choisir leur mort ? au nom de quoi décider pour eux ?

la société, le médecin ou l'équipe aurait le droit de choisir pour le patient ? déniant ainsi sa qualité d'être humain pensant ?

pourquoi leur reconnaître le droit de vouloir des soins palliatifs et dénier leur droit de vouloir autre chose ?

c'est philosophique vous dis-je, pas médical, ce qui place les arguments techniques hors sujet d'office

les exemples étrangers prouvent que le débat efficacité ou non des soins palliatifs n'est pas la question
démontrent que bien cadré c'est possible
et démontrent par ailleurs que le nombre réel de demandes est faible
commentaire n° : 18 posté par : le toubib le: 01/03/2008 08:57:56
Les gens ont le droit de choisir leur mort, mais les gens n'ont pas le droit d'en tuer d'autres. Ils n'ont donc pas le choix de se faire tuer par d'autres.
Et pourquoi par des médecins ? En quoi sommes nous plus aptes que les autres à tuer des gens ? Puisque, tu le dis toi-même, ce n'est pas un problème médical.

Pour des cas exceptionnels, a-t-on besoin d'une loi ? Les lois actuelles ne suffisent elles pas ?

Un séjour dans un service de soins palliatifs devrait être obligatoire pour tout médecin et même tout soignant.
commentaire n° : 19 posté par : docteur V. (site web) le: 01/03/2008 10:26:55
A la lecture de tous les commentaires,il se dégage 2  styles de médecins,  bien déterminés ,chacun  ne cédant  RIEN SU RIEN.
        *Les médecins qui ne travaillent pas en soins palliatifs sont  globalement POUR  l'euthanasie, laisser le CHOIX au patient.....
         *Les médecins travaillant en soins palliatifs  sont absolument CONTRE..
     Nous n'avancerons jamais ....................

  Tout comme pour l'IVG..............Alors que les femmes mouraient en se faisant avorter  par des "sagouins " ,c'était NON ,NON et NON............
          Il faut croire qu'en France ,on est contre tout............Alors qu'il y avait belle lurette  que les pays voisins avaient légiféré sur la chose................Et que les femmes qui avaient de l'argent partaient  en SUISSE ..................
               
commentaire n° : 20 posté par : Orage le: 01/03/2008 16:05:30
C'est gentil de faire passer les médecins qui travaillent en soins palliatifs et qui sont donc ceux qui ont le plus réfléchi et vécu le problème pour des retardataires butés et ringards.
Il est hors de question d'empècher quelqu'un de mourir s'il le désire. Si vous aviez lu la loi Léonetti vous verriez qu'elle est très bien faite et que l'acharnement thérapeutique ne devrait plus être possible. Ce n'est pas de la poudre aux yeux. Elle permet à une équipe, en accord avec le patient ou sa famille de prendre les décisions d'arrêts de soins et de permettre au patient de refuser des soins dont il ne veut pas.
Ensuite que reste-t-il ? Quelques cas isolés comme cette dame. Et c'est tout.

Si vous allez voir dans les pays "éclairés" vous verrez qu'il y a déjà des abus. C'est normal. C'est humain. Mais ce sont des meurtres.

Il y a des cas qui n'ont pas de solution satisfaisante. Ce n'est pas une loi qui va changer ça. Vous allez simplement déplacer le problème.

Vous feriez mieux de lutter pour avoir des soins palliatifs de qualité, ce vous sera beaucoup plus utile que d'avoir un médecin en face de vous qui peut vous tuer parce que vous avez un passage de découragement vis à vis de la maladie.

J'ai un patient dément qui a eu une infection gravissime. Les anesthésistes ne voulaient pas l'endormir. Le chirurgien a insisté pour qu'il soit soulagé. Tout le monde pensait qu'il allait mourir dans les jours à venir. N'importe quelle commission aurait statuée pour une euthanasie à la demande de la famille.

Il se porte comme un charme, tout sourire dans son fauteuil. Et des histoires comme ça nous en avons des dizaines.

Qui peut décider qu'une vie ne vaut plus d'être vécue ? Le patient peut le dire à un moment donné. Mais qui peut dire que le lendemain il ne se passera pas quelque chose qui va tout changer ?
commentaire n° : 21 posté par : docteur V. (site web) le: 01/03/2008 17:20:37
Que viens faire l'IVG dans ce post sur l'euthanasie????
Pourquoi cette comparaison malsaine?visant en plus un médecin dont vous ne connaissez pas ses points de vue sur la question?
Ecrire n'importe quoi ne feras  pas gagner votre cause pour l'euthanasie...

LA liberté de choisir l'heure de sa mort peux être une bonne chose mais cela se feras au détriment de l'humain,de l'accompagnement,de ce que nous sommes car les déviances seront là...
-manque de moyen pour prendre en charge les cas lourds comme pour les personnes agées allez Zou ...
-pas dans le moule de cette société moderne ultra conformiste avec ses critéres de bonheur allez Zou
-pas de fric pas de famille allez Zou

Ce ne seras pas utiliser comme dernier moyen l'euthanasie...juste de la consommation...une machine boite allez Zou à la casse...pas de réparations.

Moi j'ai soigné en centre de rééducation des tétraplégiques super heureux de vivre(bien plus que beaucoups de gens non malade) car bien entouré et aidé...c'est sur que sans tout ça...ou si l'on demande on premier passant vivriez vous si vous étiez tétraplégiques?la réponse c'est euthanasier moi
commentaire n° : 22 posté par : Dr rempla le: 01/03/2008 17:59:36
Je ne remettrai pas sur le tapis la question de l'euthanasie..........
     Par contre je voudrais témoigner de la mort de ma belle mère....
 84 ans," grosse attaque ".....  Lorsque je l'ai  vue,elle était tordue ds son lit  ,ne pouvant plus bouger du tout...........J'ai essayé de lui parler tout doucement.........Elle me fixait d'un regard  encore vif  par rapport  au reste.............Ne pouvant plus articuler,elle essayait désespérément de me faire comprendre qu'elle avait SOIF...................Je demande si je peux..............(frousse qu'elle s'etouffe  en avalant de travers)............elle arrive encore à me "dire":m'en fous de tout ....mourir ......
          Et bien ,elle est restée 5 jours à CREVER DE SOIF ..........
  Personne autour d'elle...........Les infirmières ::,pas le temps de rester à coté,de l'entourer .........Quant à nous ,nous ne pouvions pas rester à l'hopital  jours et nuits....................5 jours de calvaire......
   Lorsqu'elle est morte ,mes premiers mots ont été :::Elle ne souffre plus...........elle est délivrée...........
     Voilà,c'est  tout.............
commentaire n° : 23 posté par : Orage le: 01/03/2008 19:15:44
+1 avec le docteur Rempla. J'ai vu des patients avec des locked in syndrome qui pour rien au monde n'aurait voulu qu'on abrège un temps soit peu leur vie. Ils avaient la chance d'être dans une excellente structure.

Je ne sais pas si l'euthanasie amenerait à des abus, voire à une certaine norme du choix de son heure de mort. Mais ce dont je suis sure, c'est que plus la prise en charge est bonne, plus elle est respectueuse de l'humanité de la personne, moins il y a de désirs d'abréger cette partie de la vie que représente l'attente de la mort.
commentaire n° : 24 posté par : Couette (site web) le: 02/03/2008 01:00:07
>Mais ce dont je suis sure, c'est que plus la prise en charge est bonne, >plus elle est respectueuse de l'humanité de la personne, moins il y a >de désirs d'abréger cette partie de la vie que représente l'attente de la >mort.

C'est ce qui explique que les médecins investis dans les soins palliatifs soient contre une loi pour l'euthanasie. En fait, les demandes réelles, répétées d'euthanasie (et non pas d'arrêt de soins) sont tellement rares. Le problème n'est pas là. Le message d'Orage sur sa grand-mère le montre bien. La plainte est due à l'incompétence des accompagnants. Il aurait suffit de lui mouiller les lèvres et la bouche une vingtaine de fois par jour pour faire disparaitre cette souffrance. La perfusion ne calme pas la sensation de soif.

Il n'y a pas besoin obligatoirement de services de soins palliatifs pour faire de bons soins palliatifs. Beaucoup d'humanité et d'écoute et un peu de jugeotte suffisent dans 95% des cas.
commentaire n° : 25 posté par : docteur V. (site web) le: 03/03/2008 08:51:25
Quel débat et que de passions ( et d'humanité) ici ....
Je rejoins le Toubib et DrRempla le débat n'est pas médical mais bien au dela philosophique et sociétal....
Notre société est malade de ses mourants et de la mort qu'elle s'evertue a cacher, occulter, a taire....Et quand la confrontation avec l'agonie devient inévitable on ne sait comment la gérer malgré tout l'amour et le respect que l'on porte au mourant.( cf le post d'Orage)
Pas sure que la solution soit purement médicale, le médecin n'a pas a assumer un droit de vie ou de mort sur une personne...
Si on parle de suicide assisté alors oui une loi l'autorisant à l'image de la suisse semble positive...
L'euthanasie active est detestable et demande a des soignants des implications émotionelles difficiles, la solution des soins palliatifs performants en applicant la loi Leonetti me parait plus acceptable pour tous, malade, famille et soignant....mais il faut des lors des créations de structures, des moyens , du personnel et des gouvenants qui acceptent de se pencher sur la question....pour l'instant ils preferent fuir ce débat et laisser les soignants et les familles faire ce qu'il peuvent avec ce qu'ils ont.....
Oui  c'est réelement philosophique comme sujet....
commentaire n° : 26 posté par : mariammin le: 03/03/2008 10:07:52
Mais au fait,quels ont été les pionniers du droit à mourir dans la dignité ?
 A l'automne 1939, la Chancellerie allemande met discrètement en place le programme aktion T4. Officiellement, T4 consiste à accorder une "mort miséricordieuse" à des patients incurables
Des listes de patients à éliminer sont établies, l'organisation est implacable. Rien n'est laissé au hasard. Trois groupes de patients sont constitués afin d'organiser les priorités : Le Groupe 1 est constitué des patients souffrant de Schizophrénie, d'épilepsie, de troubles mentaux, de syphilis... Le Groupe 2 compte tous les patients internés depuis 5 ans sans discontinuité. Le Groupe 3 inclus les patients ayant un passé criminel, les étrangers et tous ceux qui tombent sous le coup des lois de Nuremberg, y compris bien sur les juifs. Les premières "campagnes de désinfections" commencent dès la chute de la Pologne, en Poméranie et aussi en Prusse Orientale. Rien que pour les dernières semaines de l'année 39, le bureau de l'aktion T4 annonce dans un note confidentielle au führer le "règlement définitif de 8.765 cas"... …
Les "sujets" sont gazés par du Monoxyde de Carbone puis leurs corps brûlés (voir les témoignages des SS Oberführer Brack et SS Obersturmbannführer August Becker). … Avec l'indignation de la population, les plaintes du clergé (le Cardinal Clemens Von Galen qualifiera le 03 août 1941 à Müntser de "meurtre" le programme T4) et celles d'officiers de haut rang, dont l'as de la Luftwaffe Werner Mölders, la Chancellerie décide officiellement le 23 août 1941 de mettre fin à l'aktion T4. … mais encouragés dans leurs actions ! Les responsables de l'aktion T4 poursuivent clandestinement leur liquidation. La partie du programme portant sur les nouveaux nés et les enfants de moins de 3 ans, est quant à elle totalement maintenue. …
Le bilan de l'aktion T4 est lourd, très lourd : de décembre 1939 à 1945, environ 250.000 patients dont environ 5.000 enfants, sont assassinés, par le gaz, les privations alimentaires ou des injections mortelles.
Source : www.1939-45.org
commentaire n° : 27 posté par : furgole le: 06/03/2008 14:30:19
Félicitations ! 
c'est le 1° point Godwin sur ce blog !
commentaire n° : 28 posté par : le toubib le: 06/03/2008 14:40:46

Le théme c'était euthanasie ou eugenisme?????

commentaire n° : 29 posté par : Dr rempla le: 06/03/2008 15:51:02

je viens de publier sur mon blog un article intitulé : "Euthanasie : mourir dans la dignité et avoir la dignité de mourir. Votre avis m'intéresserait fortement. Votre expérience contribuerait certainement à largement enrichir le débat. Par avance, je vous remercie.  

commentaire n° : 30 posté par : Hervé Pugi (site web) le: 13/03/2008 20:30:55
sa demande a été bien évidemment refusée...
on lui a donc hypocritement proposée de voir un énième spécialiste pour etre sur qu'il n'y a plus rien à faire... ah ah ah... bon, elle n'a plus qu'à partir à l'étranger, car en france, on lui propose l'hospitalisation pour l'aider à mourir... c'est tellement + sympa de mourir à l'hopital plutot que chez soi...
commentaire n° : 31 posté par : Tam (site web) le: 14/03/2008 16:20:39
Oui, et on lui aussi proposé de venir à une "réunion" à Paris, pour voir d'autres spécialistes... Convoquer cette dame à Paris, dans son état, si ce n'est pas se moquer d'elle!!... 
Et merci au Toubib de nous apprendre tant de mots nouveaux (j'ai appris aujourd'hui "point Godwin", et je pense que celui là je pourrai m'en resservir dans une conversation, car c'est pas très facile de ressortir vos termes médicaux dans une discussion à l'apéro :) )
commentaire n° : 32 posté par : impatiente le: 14/03/2008 16:40:49

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