Présentation

Commentaires

Samedi 1 mars 2008

Dans la semaine, deux consultations typiques du rôle médico-social du médecin généraliste.

Deux patientes habituelles, toutes deux avec le même problème totalement non-médical à la base : leur entreprise (la même) ferme.

Le cas ne passera pas à la télé, ne fera pas les gros titres. Une quarantaine de personnes sur le carreau.

Dans les deux cas le même discours : "on le savait, on s'y était préparé mais c'est dur". Que puis-je faire de plus qu'écouter, les mots qui se bousculent pour l'une, les grands soupirs pour l'autre ?

A mes débuts, j'avais croisé un confrère qui avait vécu les fermetures industrielles massives de la région. Il m'avait dit ce qu'il avait entendu, vu et raconté que pour lui, c'était une forme de solidarité et la présence alors forte des syndicats qui avait empêcher la mise à feu et à sang de tout ce qui était l'entreprise ou l'état.

Je ne perçois pas du tout la même chose : plutôt une colère mélangée à de l'incompréhension d'être jugée inadaptée au fonctionnement des choses. Plus d'incompréhension que de colère. Sans doute parce que toutes deux m'ont dit "la direction, elle s'est battue avec nous, mais c'était foutu d'avance".

Toutes deux m'ont dit ne pas vouloir prendre quoi que ce soit.

La bavarde m'a dit qu'il fallait juste qu'elle en parle hors de son cercle de familiers "on ressasse entre nous aux ateliers, mais ça change quoi ?"

La taiseuse m'a dit que ça faisait du bien de pouvoir sortir ça "vous comprenez Docteur, je ne peux pas trop avec mon mari, il est déjà assez inquiet, et puis je ne veux pas pleurer devant les enfants".

par le toubib publié dans : exercice quotidien
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Blog : Blogzine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus