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Lundi 3 mars 2008

Le rôle du médecin généraliste, c'est essentiellement de débrouiller les problèmes, et en première intention de classer grave / pas grave.

Exemple typique, la patient de l'autre jour avec son oeil rouge. La conduite à tenir est simple : si c'est douloureux en même temps, c'est orientation directe vers un ophtalmo. Je n'ai ni l'équipement ni la compétence pour voir ce genre de cas.

Après, il faut bien voir que ce genre de chose (oeil rouge non douloureux) , je ne le vois que 8 ou 10 fois par an. Donc au moindre signe suspect à l'examen, consultation spécialisée. Aucune prise de risque, jamais.

Dr Rempla parlait des herpès; en presque 17 ans, j'ai croisé 2 patients ayant eu ce problème. J'ai cherché des chiffres précis, bien sûr aucun de disponible pour la France, j'ai trouvé cette référence.

Ramené à la France, ça fait 12 000 poussées par an, soit en théorie une par médecin généraliste tous les 4 ans (et 2,2 par ophtalmo et par an), et 90 000 personnes concernées, soit 0,14 % de la population, et en moyenne 1,8 patient par généraliste. 

Autres exemples typiques : j'ai une patiente atteinte de SEP, un patient en tri-thérapie sida, en 17 ans je n'ai jamais (touchons du bois) vu revenir une sérologie positive, un patient atteint de Parkinson, en moyenne moins d'un cas de crise cardiaque parmi mes patients par an (ils sont jeunes; le généraliste moyen doit en avoir deux à trois par an), dont moins de 10 diagnostiquées effectivement par moi-même y compris par téléphone ("filez aux urgences") en 17 ans.

En 17 ans, j'ai diagnostiqué deux fois un Guillain-Barré, je suis le médecin traitant de huit patients épileptiques (à supposer que mon informatique dise juste !).

Suspecter, trier, débrouiller, savoir passer la main : médecin généraliste.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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