Le blog d'un toubib médecin généraliste
Hier, c'était quelque peu la journée des explications téléphoniques.
Deux appels concernant une même patiente, bien connue, 84 ans.
Le premier est d'une voisine, à la demande de la patiente. Qui me prévient que mme D. est emmenée à l'hôpital après une nouvelle chute.
Le second, le fait d'une consoeur qui assure la prise en charge hospitalière, dans un service que je connais bien. Etant en consultation, j'ai rappelé un peu plus tard. Elle voulait connaître les tenants et aboutissants concernant mme D., qui allait fort bien par ailleurs. Et devait leur chanter pouilles, vu son caractère, son horreur des hôpitaux, et son refus des maisons de retraite.
Le problème de base est assez simple : la patiente est dans cette zone grise où ce n'est pas vraiment la dépendance, mais où l'aide à domicile a atteint ses limites. Et avons
nous des solutions à proposer à ces patients, de plus en plus nombreux ? Non, faute d'anticipation, de gestion claire et saine, et du fait d'une médicalisation excessive de ce qui relève en
réalité de l'accompagnement social.
En outre, étant en étage, elle se trouve confinée chez elle, et des demandes répétées de déménagements en rez-de-chaussée sont restés vains (elle est en HLM). Et la famille n'est pas domiciliée
très près.
Le consoeur me dit qu'elle avait conclue aussi à un problème social plus que médical : l'évidence même. Elle transmet le dossier au service ad hoc.
La réalité, c'est que mme D. risque fort d'occuper un lit sans aucune justification médicale pendant assez longtemps, faute de solution d'aval. D'ici à ce qu'elle retourne in fine à domicile, ce
qui est sa demande qui plus est .....
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