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Mardi 8 avril 2008

On sait que l'on a 3 400 cas de cancers du col de l'utérus par an en France. On sait que le virus HPV est impliqué dans plus de 95 % des cas. On sait que le frottis classique a une sensibilité assez faible, d'environ 60 %, ce qui veut dire de nombreux faux négatifs (le test nous dit pas de lésion là où il y en a une), et plus particulièrement chez les femmes jeunes.

Certains préconisent donc, assez logiquement au premier abord, d'adjoindre systématiquement le test, qui a une meilleure sensibilité et une très haute valeur prédictive négative (si le test dit pas de lésion, il n'y a effectivement pas de lésion) au frottis.

Sauf que le test à un coût. D'environ 50 euros.

Et qu'à l'heure actuelle, on réalise en France, dans l'inorganisation la plus totale, environ six millions de frottis par an, pour ne couvrir que 55 % de la population cible, là où mathématiquement cinq millions de frottis réalisés selon les critères internationaux (à savoir un tous les 3 ans en conditions standards) devraient couvrir 100 % des femmes.

Obtenir un résultat cohérent, pour un impact financier limité, supposerait donc que l'on revoit totalement les schémas de fonctionnement actuels.

Soit par le biais de convocations sur le mode du dépistage du cancer du sein, mais l'on sait que l'on est très loin d'être à 100 % de réponses (on ne parle pas ici de l'opportunité du dépistage), soit en demandant au médecin traitant, dans un système de filière, de suivre ses patientes de A à Z et de les motiver pour faire faire les frottis en centres spécialisés.

Mais on préfère conserver un accès direct en gynécologie, inefficace et gabegique, au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : remise en cause
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