Le blog d'un toubib médecin généraliste
Montée au filet des habituels stipendiés de l'industrie pour défendre le chiffre d'affaire et les bénéfices provenant des hypocholestérolémiants, si possible des statines non-génériquées, lors du MEDEC (l'équivalent médical du salon de l'agriculture, en moins sympa, ça ne peut pas intéresser les loupiots).
Ainsi donc, un cardiologue avait mis les pieds dans le plat en sortant un bouquin qui plaide pour l'innocence du cholestérol.
Déclenchement du plan ORSEC par les industriels : il faut allumer les contre-feux, démontrer que le confrère est un dangereux
charlatan illuminé, noyer le poisson, brandir les études aux conclusions inutiles, sortir les publi-reportages sur papier glacé.
Comme les stipendiés savent pertinemment qu'ils ne peuvent parler mortalité totale et espérance de vie, sous peine de se faire tacler sévèrement au niveau scientifique, tels le jésuite bien
formé, ils procèdent par mensonge par omission.
On ne va parler que de cardio-vasculaire pour le LDL/HDL (les soi-disants mauvais et bon cholestérol), en précisant une fois "mortalité cardio-vasculaire", puis en ne parlant plus que de
"mortalité". Flou artistique que l'on espère salvateur.
On évite ainsi le léger détail qui gêne : les démonstrations sont irréfutables. Pas de corrélation avec la mortalité totale. Zéro efficacité en primaire; zéro efficacité dans les soi-disants
multiples facteurs de risques; molécules génériquées qui restent les références.
Rappelons que ce sont ces stipendiés qui seront bien souvent les références pour les recommandations de "cons-en-sus".
Si les publications médicales qui se veulent les références scientifiques n'acceptaient de publier que les études parlant de morbi-mortalité totales, ça nous changerait la vie.
Bon, d'un autre côté, elles ne pourraient sortir au mieux un numéro que tous les 3 ou 4 ans -)
Commentaires