Ce qu'il y a d'amusant avec le cas d'école qu'est le dossier de la PDS (permanence des soins, les gardes de soirées et fins de semaine),
c'est que tous les intervenants, mais alors absolument tous, sont d'une hypocrisie totale, et assez rigolote finalement.
Le gestionnaire, qui paye royalement les forfaits 12,50 euros brut de l'heure, soit 6,25 net .... pour des horaires de nuit et dimanche (SMIC : 6,90 net, horaire de jour), en mission de
service public.
L'état, dont la seule préoccupation est de pouvoir assurer les électeurs qu'ils auront quelqu'un à appeler. Tout en sachant bien sûr que cela est inutile, en en ouvrant par ailleurs largement les
portes des services d'urgence. Et tout en refusant de répondre sur les aspects juridiques et légaux.
L'ordre, qui essaie de gonfler son importance, en assurant les médecins que s'ils ne s'organisent pas entre eux "ce sera fait par la puissance publique" mon dieu quelle horreur, qui ne sert jamais
que de facteur (il prend les tableaux et les transmet tels quels en préfectures), et est comme d'habitude incapable de répondre à la moindre question.
Les syndicats de médecins, timorés, qui n'osent prendre des positions de principe, pour ménager tout le monde.
Les médecins, qui font tourner le compteur, sachant fort bien ne pas voir qui que ce soit en semaine (25 à 30 % des gardes sont sans acte aucun), tout en refusant assez souvent, d'ailleurs
illégalement, la régulation les samedis après-midi et dimanches.
Les hôpitaux, qui gardent les portes grandes ouvertes, pour ne pas perdre du chiffre d'affaire.
Les patients, qui veulent un médecin de garde pour le cas où, mais filent aux urgences aux heures ouvrables parce que c'est gratuit.
Et jusqu'aux assureurs, comme le montre le courrier reçu par notre groupe de tête de bois de la part du principal d'entre eux, qui écrit que "le juge ne considérerait pas l'enchaînement de gardes
et de jour de travail comme une circonstance atténuante : au contraire, il pourrait estimer que ce faisant, le médecin a fait courir un risque supplémentaire au patient" et qui conclue "il
appartient néanmoins au médecin d'apprécier en sa conscience si la fatigue ainsi accumulée est compatible avec l'exigence de sécurité qu'il doit au malade, en conservant à l'esprit que sa
responsabilité pourrait être engagée à ce titre".
Personne n'est vraiment satisfait du bouzin actuel, mais chacun craint trop d'y perdre pour oser la remise à plat.
Vous démontez le système d'une façon délicieuse......Très agréable à lire .....! Vous devriez écrire des articles dans "PRESCRIRE".... Vous auriez un public plus large... ;)
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