Le blog d'un toubib médecin généraliste
Ainsi donc hier était la journée de lutte et de rassemblement contre les franchises médicales.
Rappelons que le montant peut atteindre 50 euros sur les consultations + 50 euros sur les médicaments, soit 100 euros par an, auxquels il faut ajouter le forfait hospitalier de 16 euros par jour
d'hospitalisation, et celui de 18 euros pour les actes à plus de 91 euros.
La cause est juste, mais la méthode fait à mon sens fausse route.
La dénonciation est frontale, basée sur des arguments moraux, de défense de la solidarité.
Or en face, les instigateurs de cette aberration mettent très habilement en avant deux arguments qui ne peuvent que marquer le plus grand nombre.
D'une part que cela reste minime ("pensez, pas 10 euros par mois !") alors que l'objectif serait majeur (sauver la sécu); d'autre part, que 14 % des assurés entraînent 60 % des dépenses, sur le
mode du "c'est toujours les mêmes qui profitent, ils peuvent faire un petit effort", mettant bien sûr de côté que l'on ne choisit pas d'être malade, et encore moins gravement.
Pour ma part, j'axerais le refus du principe même des franchises sur une chose simple : le mensonge d'état qui s'exprime dans cette affaire. Le mensonge que constitue la présentation du
"il faut bien faire quelque chose et il n'y a pas d'autre solution".
Parce que des solutions il y en a, et de tous côtés : recettes comme dépenses.
Du côté des recettes, Cl. Frémont, ancien directeur de la CPAM de Nantes, pointe dans un courrier au Quotidien du médecin du 1° octobre 2007, une amputation de 35 milliards par an pour l'ensemble
des branches, en listant les problèmes : stock-options, exonérations pour l'emploi non-compensées, indemnités de licenciements exonérées, patrimoine, taux des fonctionnaires d'état et des
collectivités territoriales minorés.
Du côté des dépenses, un système de filière pourrait amener à 35 milliards d'économies, et ce sur la seule branche maladie.
Le fameux trou, toutes caisses tous régimes est d'environ 15 milliards par an.
35 + 35 = 70 milliards par an de potentiel.
Mon slogan serait primaire :
citoyens, assurés, patients, on vous ment, on vous vole !
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