Le blog d'un toubib médecin généraliste
Vue hier avec sa mère, Angélique 16 ans. Sa mère s'inquiète de la voir s'isoler, se renfermer depuis septembre. Elle me dit avoir eu un appel de l'infirmier du lycée, car il s'étonne de voir régulièrement Angélique à l'infirmerie pour des sensations de tachycardies avec étouffements.
A noter qu'il s'agit d'une fausse jumelle, présentant un situs inversus incomplet : le coeur est à droite et non à gauche. Dernier bilan cardiaque fait en service cardiologique hospitalier il y a un an, sans particularité.
Je les ai suivi, avec sa soeur, petites, puis la famille a déménagé, et est de retour sur la région depuis l'été. Ce qui veut dire nouvel environnement, nouveau lycée, pas de tête connue en classe.
Elle me décrit ses crises, pas de facteur déclenchant a priori, pas de sensation de perte de contrôle, pas de sensation de mort imminente. Il n'y a pas d'agoraphobie. Elle ne se sent pas déprimée. Elle dit ne pas avoir d'idées noires ou suicidaires. L'auscultation est normale.
Le traitement de phytothérapie donné au lycée n'a aucun effet, les crises passant lentement d'elles-mêmes.
Elle ne veut pas de consultation psychiatrique. Elle me dit, sans que je ne lui ai rien proposé, qu'elle ne veut pas d'un traitement. On se met d'accord sur un traitement à prendre "au cas où", alprazolam 0,25 mg
S'agit-il de difficultés d'adaptation à ce retour ? Du début d'une anxiété chronique ou généralisée ?
Notons que sa jumelle n'a aucun problème. Notons que la mère a eu 10 ans plus tard, deux autres fausses jumelles, qui ont donc 6 ans.
On prévoit de faire le point après les fêtes.
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