Le blog d'un toubib médecin généraliste
Lu dans la presse médicale, la présentation du rapport sur l'automédication, le fait que les Français sont très "en retard" sur le reste de l'Europe à ce sujet.
Déjà, le terme est totalement connoté et très significatif : pas d'automédication = ouh, pas bien.
Si on met le baratin de côté, et qu'on se demande pourquoi on parle de cela maintenant, alors que cet état de fait n'est pas nouveau, on peut avec intérêt se pencher sur quelques chiffres.
En 2005, derniers chiffres définitifs, l'augmentation du montant dans l'objectif national des dépenses de l'assurance maladie (Ondam) pour la pharmacie au sens large (médicaments, dispositifs, ...) est de 1,5%, autrement dit égale à l'inflation. En 2006, les chiffres provisoires nous donnent exactement la même tendance.
Or les industries du médicament étaient habituées à du + 6 à + 8% par an en France. Le choc est donc rude, il faut trouver un nouveau marché, car les politiques ont été clairs, l'équilibre de la sécu est ultra prioritaire : ça sera au mieux l'inflation, pendant des années.
Reste donc le marché sans remboursement, l'automédication. D'où la promotion bien orchestrée mise en place. On n'a pas fini d'en entendre parler.
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