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Vendredi 9 mai 2008

Elle est revenue mercredi, pour renouveller et ajuster son traitement.

Elle a depuis 15 ans un traitement substitutif thyroïdien, et, avec les plus grands problèmes pour équilibrer ça, elle a déjà eu moults fois des bilans "de la cave au grenier" comme elle le dit.

Et une fois de plus, le contrôle est en dehors de la fourchette, montrant un surdosage théorique. Elle ressent effectivement des "palpitations" par moment, mais dans le même temps elle a pris du poids, et est constamment fatiguée, ce qui ne colle que moyennement avec les descriptions classiques.

D'entrée, elle me prévient qu'il est hors de question de refaire un bilan et de revoir le confrère endocrinologue. A dire le vrai, je ne lui aurais pas proposé non plus : je ne vois pas ce qu'on aurait pu faire de plus que ce qui a déjà été fait plusieurs fois, et encore il n'y a pas si longtemps.

Bien que nous disposions actuellement de dosages permettant des prescriptions plus fines que fut un temps, on va tenter de mettre un jour sur deux du 175, et l'autre jour du 200. Façon de faire déjà mise en oeuvre à un moment donné, avec succès, avant un retour à plus de régularité dans les prises. Et solution qui va fort bien à la patiente, qui fatigue à tous les niveaux.

Prescription pour trois mois, dosages de contrôles, et on reverra tout ça.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mercredi 7 mai 2008

Hier matin, coup de fil d'une des filles d'une patiente d'un âge, pour annuler la visite prévue à midi, demandée par l'autre fille.

Interlocutrice qui continue en me disant qu'elle ne m'aime pas (nota : on ne se connait pas ...), que je ne fais rien pour sa mère, que je la laisserais mourir, ....

J'y suis, je sais qui c'est; enfin, je veux dire, je cerne le personnage dans la famille. C'est celle qui a fait annuler plusieurs demandes d'examens et consultations. Et qui n'est jamais présente, l'autre fille gérant le quotidien.

Et là, la mère sort d'une hospitalisation après chute à domicile, sans antécédent à ce niveau.

Et il se trouve que j'ai reçu le compte-rendu : la liste des examens refusés lors de cette hospitalisation est assez longue, les propositions insistantes de convalescence ou de long séjour ont été refusées, et on me dit noir sur blanc que "la patiente et la famille ont exigé une sortie rapide en menaçant de signer une décharge".

Je mets donc fermement les points sur les I, citations à l'appui.

Ce qui ne plait pas à mon interlocutrice qui me dit que sa mère va changer de médecin, et me raccroche au nez.

Je souhaite bien du plaisir au confrère qui prendra le relais.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 6 mai 2008

Comme tous les confrères, je reçois coup sur coup ces temps différents relevés provenant des caisses.

Notamment les RIAP (relevé individuel d'activité et de prescription), qui devraient nous parvenir tous les trois mois, mais qui sont tous arrivés en même temps, pour lesquels nous sommes comparés à un référentiel région.

Méthode un peu légère, puisque d'une part on ne sait comment et sur quelles bases est déterminé le fameux référentiel, et parce que d'autre part, faute de comparaison soit nationale, soit par rapport aux meilleurs taux nationaux, cela ne tient pas compte des variations d'une région à l'autre, et à tendance à fixer le résultat. Et on sait que ces variations peuvent être conséquentes (voir les données cartosanté ici).

Ainsi, par rapport à mon soi-disant référentiel comparatif, j'ai 25 % d'écart sur le nombre de patient en ALD (en moins), 66 % de patients en CMU de plus, et 150 % de plus de 60 ans de moins. En étant malgré tout par exemple en dessous pour les arrêts maladie, tant en pourcentage de patients arrêtés qu'en nombre brut.

Bref, j'aimerais que l'on m'explique comment et en quoi les structures sont comparables -)

Autre truc rigolo : le nombre d'actes ne colle pas avec celui fourni, également par les caisses, sur un autre relevé, le SNIR. Pas une différence énorme, certes, mais quand même.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Mardi 6 mai 2008

Consultation hier de mme H., 42 ans, patiente habituelle. Un problème principal (médicalement, et pas que) : l'alcool.

Deux épisodes de pancréatites aigues sur un fond d'atteinte chronique, supplémentation bien sûr, le foie tient encore, mais pour combien de temps, on ne devrait pas tarder à passer en diabète.

Syndrome cérébelleux statique, polynévrite des membres inférieurs.

Je la suis depuis 12 ans. Avec l'aide de la famille, je suis arrivé à l'emmener jusqu'en cure à plusieurs reprises, on en est à la 8° avec cette dernière dont elle vient de sortir.

Ce qui est amusant, si l'on peut dire, c'est le ton des différents courriers au fil des ans, selon le confrère qui a rédigé le dernier en date. Combatif, résigné, plein d'espoir, dubitatif, perplexe, sans illusion : pour son cas comme pour tous les cas semblables, cela varie énormément d'un intervenant à l'autre. Sans que l'âge ou l'expérience n'intervienne beaucoup d'ailleurs. Plutôt comme souvent la vision indivuduelle des choses.

Je me classe sans conteste sur le sujet dans les "sans illusion". Je ne crois pas que nous ayons une efficacité bien notable sur le sujet. Comme sur le tabac, ou tout autre drogue, légale ou non, d'ailleurs. Au fil de ces années, ceux que j'ai vu sortir de l'alcool sont une infime minorité. Et on ne peut pas dire que l'on dispose vraiment d'études fiables sur le sujet, ceux qui les initient relevant directement de la problématique du conflit d'intérêt.

Je crois que nous surestimons très largement notre efficacité dans ces domaines, et que la réalité est simple, basique, triviale :

on ne peut aider que quelqu'un qui veut être aider.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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Lundi 5 mai 2008

Reçu samedi un courrier qui me laisse songeur.

Il s'agit d'une jeune patiente de 17 ans, qui est allée voir (avec sa mère) un chirurgien, en vue de la pose d'implants mammaires.

Certes, la patiente est préoccupée par son "absence" (sic) de seins, mais ne m'a jamais paru en être absolument traumatisée. Et je lui ai toujours dit qu'il y avait la solution chirurgicale, mais qu'il me paraissait être un peu tôt pour envisager cela.

Or le confrère me parle d'un complexe très important, avec retentissement majeur sur sa vie personnelle, familiale et sociale. Argumentaire qui me semble plus fleurer la recherche de prise en charge par la sécu que la réalité des choses ...

Il envisage la pose de prothèses au gel de silicone, en position rétro-musculaire.

Pour lui, l'âge n'est pas un obstacle, au vu du retentissement psychologique. Autant dire que j'ai un sérieux doute sur la question. Et d'autant plus qu'elle est mineure, quand même !

Seul frein pour l'instant : l'aspect financier. Une entente préalable a été demandée à la sécu, sur la base du vécu de la patiente. Si le médecin conseil pouvait refuser .....

Je sais, c'est idiot et ça ne changera rien à rien, mais ça me chagrine un peu.

par le toubib publié dans : exercice quotidien
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