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Vendredi 9 mai 2008

Revue Prescrire de mai p 373.

En prévention des fractures, les diphosphonates (la classe de médicaments indiqués et ayant prouvé une efficacité en prévention des récidives) ne sont pas à utiliser de façon continue et indéfinie.

Une étude démontre en effet qu'après 5 ans d'utilisation dans des indications validées (femmes ménopausées ayant une ostéoporose sévère avec antécédent de fracture) , si l'on poursuit le traitement, on obtient une réduction des fractures vertébrales, mais sans diminution concomittente des fractures du col fémoral.

Avec la molécule de référence, l'acide alendronique, on obtient sur les 5 premières années une réduction de 3 fractures vertébrales symptomatiques et 1 fracture du col fémoral pour 100 femmes traitées pendant trois ans.

La poursuite entraîne donc une diminution d'un cas de fracture vertébrale symptomatique pour 100 traitées pendant cinq ans, et aucun gain supplémentaire en ce qui concerne le fémur.

La Revue conclue que le bénéfice / risque, compte tenu des effets indésirables, n'est pas en faveur de la poursuite du traitement.

Voilà qui a peu de chance d'être entendu et mis en pratique alors que la mesure de la densitométrie est pratiquée larga manu, et ce en dehors de toute indication validée.

par le toubib publié dans : remise en cause
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Vendredi 18 avril 2008

Encore une étude qui montre que faire et s'agiter n'est pas synonyme d'efficacité, et que le supposé bon sens se heurte bien souvent à l'implacable réalité.

Cette fois, il s'agit d'asthme, d'acariens et de nettoyage.

P. Gotzche et son équipe, des danois, viennent de colliger 54 études sur le sujet.

Leur conclusion est qu'il est totalement inutile d'utiliser les enveloppes de literies, les aérosols, et tous autres moyens supposés purifier le milieu ambiant de la "poussière" et donc des acariens (nettoyage fréquent des draps, des couvertures, des jouets en tissu, ...).

Tout demeure vain, car l'effet final est toujours insuffisant. La réduction obtenue serait au mieux de 50 %. Et d'après les auteurs, une réduction de 90 % demeurerait inefficace.

Sans parlé des cas, les plus nombreux, où le patient est multi-allergique.

Pour les auteurs, la lutte est vaine, au moins à ce niveau.

Si on suit le raisonnement, on peut ajouter qu'elle est aussi coûteuse en temps et en argent, jetés par la fenêtre, et que les aérosols doivent contenir des molécules qui ne sont peut être pas recommandées.

Bref, une fois de plus l'impression que le cons-en-sus a prédominé (et prédominera encore longtemps) sur le démontré et le scientifique.

par le toubib publié dans : remise en cause
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Mardi 15 avril 2008

Nouvelle campagne de pub pour le dépistage du cancer du sein prévue sous peu.

Sans parler du problème de l'efficacité réelle finale du dépistage (ici et ici), il apparait que le premier problème est déjà le taux de participation au dépistage généralisé, qui atteint péniblement la moitié de l'objectif.

En effet, seules 50,7 % des femmes concernées ont répondu à la demande, et sont allées faire la mammographie. Or même les tenants de l'examen admettent qu'en dessous de 70 - 75 % de participation, le dépistage organisé est sans impact sur le résultat final.

Certains expliquent ce faible pourcentage par le mode opérationnel retenu, peu individualisé, peu explicatif, et in fine générateur d'anxiété. Ce discute donc le fait d'impliquer le médecin traitant dans ce processus à sa base, et non à l'arrivée pour savoir à qui adresser un double du résultat.

C'est toute la problématique des réseaux, opposés à la filière de soin. On sait que les exemples étrangers ont déjà démontré quel système avait l'efficacité maximale. Impliqué le médecin traitant permet de donner les explications en amont, d'individualiser la prise en charge d'un examen loin d'être anodin dans le ressenti des patientes, et un rappel efficace car direct.

On constate bien sûr exactement les mêmes résultats dans d'autres dépistages, comme celui du cancer du col de l'utérus.

Mais nous sommes au pays de la Logique et de la Raison Pure, nous allons donc persister dans l'erreur.

par le toubib publié dans : remise en cause
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Mardi 8 avril 2008

On sait que l'on a 3 400 cas de cancers du col de l'utérus par an en France. On sait que le virus HPV est impliqué dans plus de 95 % des cas. On sait que le frottis classique a une sensibilité assez faible, d'environ 60 %, ce qui veut dire de nombreux faux négatifs (le test nous dit pas de lésion là où il y en a une), et plus particulièrement chez les femmes jeunes.

Certains préconisent donc, assez logiquement au premier abord, d'adjoindre systématiquement le test, qui a une meilleure sensibilité et une très haute valeur prédictive négative (si le test dit pas de lésion, il n'y a effectivement pas de lésion) au frottis.

Sauf que le test à un coût. D'environ 50 euros.

Et qu'à l'heure actuelle, on réalise en France, dans l'inorganisation la plus totale, environ six millions de frottis par an, pour ne couvrir que 55 % de la population cible, là où mathématiquement cinq millions de frottis réalisés selon les critères internationaux (à savoir un tous les 3 ans en conditions standards) devraient couvrir 100 % des femmes.

Obtenir un résultat cohérent, pour un impact financier limité, supposerait donc que l'on revoit totalement les schémas de fonctionnement actuels.

Soit par le biais de convocations sur le mode du dépistage du cancer du sein, mais l'on sait que l'on est très loin d'être à 100 % de réponses (on ne parle pas ici de l'opportunité du dépistage), soit en demandant au médecin traitant, dans un système de filière, de suivre ses patientes de A à Z et de les motiver pour faire faire les frottis en centres spécialisés.

Mais on préfère conserver un accès direct en gynécologie, inefficace et gabegique, au pays de la Logique et de la Raison Pure.

par le toubib publié dans : remise en cause
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Vendredi 7 mars 2008
Deux remises en cause qui n'ont pas du tout la même signification dans Prescrire de mars.

1°/ Concernant la chirurgie de la sténose carotidienne asymtomatique, une méta-analyse montre qu'il n'y a pas de baisse de mortalité à 5 ans avec l'intervention.

On a une augmentation de 3% du risque d'AVC sur le premier mois après chirurgie, puis un gain de 1% par an pendant 3 à 4 ans. Le degré de la sténose ne semble pas influencer les résultats.

Le problème est que le traitement par aspirine n'est pas non plus très convaincant.

Pour Prescrire, la prise en charge de ces patients est donc délicate .... C'est effectivement le moins que l'on puisse dire.

2°/ L'olanzapine (Zyprexa°), neuroleptique "antipsychotique atypique", est sur la sellette aux USA.

28 000 patients avaient attaqué l'industriel pour défaut d'information, la firme a préféré payer que d'aller au procès : au total 1,2 milliard de dollars entre 2005 et 2007. Mais les ventes sont toujours en augmentation dans le monde, et la molécule est 7° dans le top 10.

Le fabricant est soupçonné d'avoir dissimulé les preuves des effets secondaires du produit, notamment des prises de poids massives, des hyperglycémies, des diabètes. Les données transmisent à la FDA (organisme chargé des contrôles) auraient été truquées, la FDA enquête sur le sujet.
par le toubib publié dans : remise en cause
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